Murmures

Parution du Mosaïques n° 15 - février 2012
février 2012 | Sortie de film, livre, album... | Média | Cameroun
Source : communiqué

Français

Mosaïques, parce que la culture est au fondement de toute action
Éditorial

Ciel !
S'il n'en est qu'un qui va être content des "Flâneurs" qui trônent actuellement sur le pont centenaire d'Edéa, ce doit être Hubert Mono Ndjana. Ce philosophe qui a pour lui d'avoir su agiter des idées durant toute son existence intellectuelle.
Et qui entre pièces de théâtre et essais dédiés à la culture à côté des oeuvres plus philosophiques, lâcha un jour sa fameuse théorie de "l'esthétique du rabougri" pour décrier le penchant des artistes et des gouvernements camerounais successifs à se contenter d'oeuvres qui nous ramènent à fixer le sol et non à regarder vers le ciel.
Quelques 16 ans après La nouvelle liberté de Sumegné à Douala après une longue résidence de création et sous l'action du centre d'art contemporain encore balbutiant, Doual'art, voici que Tayou prolonge cette envie salutaire des créateurs de nous inviter à regarder loin dans le ciel. Pas pour oublier nos misères quotidiennes qui n'en finissent pas de s'amonceler sous nos pieds, mais pour nous élever et nous aider à réfléchir sur notre condition. Voilà la leçon que, mieux que tous les discours, nous impose Tayou et son compère Emile Youmbi. Si nous sommes encore loin de la Fernsehturm de Berlin, il reste que cette oeuvre doit ouvrir une saison particulière dans l'univers camerounais déjà constellé d'étoiles brillantes en son firmament, et qui regorge encore de talents qui ne demandent qu'à s'exprimer et à être reconnus comme tels. Une paire de manches pour notre administration qui a visiblement d'autres chats à fouetter là où une économie culturelle pourrait constituer mieux qu'une cautère.
Maintenant que l'oeuvre est là et a commencé à soulever des interrogations, peut-être qu'il faudrait envisager une meilleure place à notre culture. Surtout que le projet du pont culturel d'Edéa vient de nous prouver que si les ingrédients essentiels étaient réunis, le merveilleux pouvait nous rendre visite. Et nous donner l'occasion de sortir de nous-mêmes et de nous envoler en regardant notre semblable avec plus de considération. Les festivités du cinquantenaire du Goethe Institut au Cameroun nous auront au moins aidé à comprendre que cela que cela était possible en l'état actuel de notre vivre ensemble.

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