Murmures

Presse en danger à Madagascar
mars 2005 | | Média | Madagascar
Source : Madagascar Tribune, mercredi 2 mars.

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Les verdicts relatifs à trois dossiers pénaux mettant en cause le quotidien "La Gazette de la Grande Ile" ont été prononcés hier matin par le tribunal correctionnel d'Antananarivo.
Apparemment, le juge n'aurait pas suivi le réquisitoire du ministère public, ni les plaidoiries des plaignants qui ont requis de sévères peines dont des peines d'emprisonnement, des dommages exorbitants voire l'interdiction de séjour et la fermeture du journal à l'encontre du directeur de publication de ce journal, Lola Rasoamaharo. Toujours est-il que notre confrère Lola Rasoamaharo a écopé d'une peine d'emprisonnement ferme de deux mois sur chacune des deux dossiers et un mois ferme pour une autre affaire, tandis que le rédacteur en chef de ce quotidien a été condamné à un mois d'emprisonnement avec sursis. Tout d'abord, concernant la plainte introduite par Gaby Ramaherijaona, représenté par maître Mamy Andriamiseza, Lola Rasoamaharo a été condamné à un mois d'emprisonnement ferme et 5 millions fmg de dommages intérêts pour diffamation publique après avoir rapporté un article paru dans le quotidien "JIR" de la Réunion. Les exceptions soulevées par les conseils de "La Gazette" dont le défaut d'élection de domicile du plaignant dans la circonscription judiciaire qui doit traiter le dossier ainsi que la prescription de la procédure n'ont donc pas été retenues. Le deuxième dossier n'est autre que l'affaire opposant le vice-président de l'Assemblée nationale Mamy Rakotoarivelo et "La Gazette". Le directeur de publication de ce journal a de nouveau écopé d'une peine d'emprisonnement ferme de deux mois et de 15 millions fmg à titre de dommages intérêts pour une histoire de "véritable crétin". Au cours des débats de mardi dernier, les conseils du vice-président de l'Assemblée nationale ont réclamé une somme d'un milliard Fmg au journal pour dommages intérêts et une interdiction de séjour pour Lola Rasoamaharo. A titre de rappel, le quotidien "La Gazette" a publié en Une un titre éditorial "véritable crétin" et en bàs, la photo de Mamy Rakotoarivelo. En tout cas, "La Gazette de la Grande Ile" tel qu'on la connaît ne peut qu'interjeter en appel car elle croit qu'elle n'a pas tort et entend exercer pleinement son droit. Signalons que l'ancien président de l'Ordre des Journalistes, James Ramarosaona a également porté plainte contre cet élu auprès du premier président de la Cour Suprême pour diffamation publique. La Cour Suprême va statuer sur la recevabilité ou non de la plainte de M. Ramarosaona dans deux semaines, selon nos informations. . Mamod Taky a eu gain de cause... Comme lors d'un précédent procès contre "La Gazette de la Grande Ile", l'homme d'affaires d'origine pakistanaise, Mamod Taky a de nouveau eu gain de cause devant le tribunal correctionnel d'Antananarivo. Le directeur de publication Lola Rasoamaharo a été condamné à une peine d'emprisonnement ferme de deux mois, tandis que le rédacteur en chef Rolly Mercia a écopé d'une peine d'emprisonnement d'un mois avec sursis et un ariary de dommage-intérêt. Cette décision du tribunal a été largement commentée par l'assistance et le public parce que ce "karana" a été l'objet d'un avis de recherche et d'une mesure administrative l'expulsant hors du territoire national. Cette décision de l'administration malgache a été annulée par la justice, mais curieusement, ce "karana" n'ose pas fouler le sol malgache. On chuchote que d'autres dossiers accablants sont toujours pendants devant la justice malgache et même française. Rolly Mercia est actuellement à l'Ile Maurice et séjournera dans l'île de La Réunion à la recherche de preuves pouvant disculper son journal dans l'affaire Mamod Taki. Sans aucun doute, le métier de journaliste est désormais un métier à risque à Madagascar bien que la liberté de presse et d'expression soit garantie par l'actuelle Constitution et les diverses conventions internationales dont notre pays est signataire. Cette série de condamnations et de procès contre les médias suscite une certaine peur sinon un sursaut de solidarité dans le milieu de la presse. Devant une telle avalanche de condamnations à la prison, les journalistes envisagent très prochainement une journée d'action et de solidarité. On rappellera les fermetures de radio et/ou de télévision et les procès de plus en plus nombreux intentés contre la presse écrite et dont les conséquences ne peuvent que porter atteinte à la liberté d'informer : "Le Quotidien", "La Gazette de la Grande Ile", "Ngah", "Madagascar-Tribune" attendent tous leur passage à la barre. Bref, la situation actuelle a provoqué un tollé général dans le monde des médias.
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