Murmures
Nouvelles du Cameroun
novembre 2003 | | Histoire/société | Cameroun
Source : Scènes d'Ebène
Français
Peinture, cinéma, littérature, mode, théâtre, spectacles
Peinture
Exposition
Ccf
Verve chromatique
Le peintre congolais autodidacte, Franciss Tondo Ngoma expose ses œuvres au centre culturel français de Yaoundé du 10 au 28 novembre 2003.
Le thème, "Verve chromatique" laisse voir un fatras des passions et des évasions. C'est un langage de couleurs qui se communiquent et captivent le regard. Et pour créer une sorte de communion avec le public, l'artiste organise un "vernissage happening" ce 10 novembre 2003 au hall du Ccf, à 17 h dans le but de travailler devant le public qui sera autorisé à cet effet, à poser des questions sur les techniques et la conception des toiles.
Littérature
Rentrée littéraire
La rentrée littéraire 2003-2004 des Amis de la littérature a eu lieu les 07 au 08 novembre 2003, au centre culturel Oyem sis au quartier Ngousso, à Yaoundé.
Son programme a prévu une pensée pour "les piliers de littérature camerounaise" décédés, avec une conférence sur le thème "Jean-Baptiste Obama, l'épervier de la culture : le philosophe, l'historien, le pédagogue et l'initié" Les écrivains, Stella Engama, Hubert Mono Ndzana, Ateba Eyene et la journaliste, Sita Bella ont revisité l'œuvre du philosophe disparu. Il s'en est suivi un pèlerinage dans la localité d'Abang Megong, village du défunt.
Festival traditionnel
Ngondo
Soirée culturelle
Palais des congrès
En prélude au lancement des activités marquant le Ngondo 2003 et de la visite du bureau du Ngondo à la communauté Sawa de Yaoundé, cette dernière a organisé des journées de manifestations le 08 novembre 2003 à Yaoundé. une parade a eu lieu à travers les rues de Yaoundé, des animations culturelles et une conférence. La séquence la plus importante a été l'installation du bureau Ngondo de Yaoundé. L'escale de Yaoundé est le lancement d'un périple qui doit conduire les notabilités à travers le pays, avant la grande fête à Douala, en décembre prochain
Le Ngondo est une fête traditionnelle mystique annuelle des peuples Sawa (riverains du fleuve Wouri) à travers laquelle les chefs supérieurs de ces peuples vont communiquer et apaiser les esprits de l'eau. Au cours de ces cérémonies, seuls les initiés sont chargés d'aller verser de la nourriture, du vin et autres…, dans l'eau en guise d'offrandes aux esprits de l'eau.
Cinéma
Distinction
Le festival de Namur a distingué le "Silence de la forêt" de Didier Ouénangaré et de Bassek ba Kobhio. Soutenu par l'Aif, le film a reçu une mention spéciale du jury.
Théâtre
Au Ccf
Compagnie Tam-Tam de Kinshasa
Hubert Mehele, conteur présente aux enfants adhérents à la médiathèque, son répertoire constitué de contes qu'il a lui même écouté de ses parents. Ce sera le 12 novembre 2003 à 15 h à la médiathèque dudit centre. Cette prestation s'inscrit dans le cadre de l'animation jeunesse.
Gouverneurs de la rosée
Une réconciliation entachée de sang
La paix et l'amour sont indispensables au développement de la cité.
Pourquoi fallait-il que Manuel, celui-là même qui trouve une source pour drainer son village et réconcilie les deux clans ennemis meurt assassiné par son cousin? C'est la question sur laquelle le public présent à la représentation théâtrale du 06 novembre dernier au Ccf de Yaoundé a longtemps épiloguer. Parmi ceux qui sont venus voir "Gouverneurs de la rosée", beaucoup se sont laissés envoûter par une passion impossible, un amour interdit, qui pourtant vit dans le quotidien drôle et tragique d'une descendance d'esclaves enchaînés par la misère et la résignation. "Il faut être insensible pour ne pas communier avec les artistes qui évoluent sur la scène. Il y a quelque chose qu'ils nous communiquent", s'exprimait un spectateur. Un cocktail de chants, de prières,d'esquisses de danse et d'exclamations en langues locales (Bassa, Douala, Bamiléké Ewondo…) est venue ajouter des ingrédients à la pièce, un peu comme mu par le jeu fluide des comédiens qui a été caractérisé par la prestation et la maîtrise des textes.
Tiré du roman de Jacques Roumain, écrivain haïtien, "Gouverneurs de la rosée" est un chef-d'œuvre de la littérature négro-africaine qui est venu susciter l'ingéniosité du metteur en scène, Jacobin Yarro.
La pièce
C'est l'adaptation d'un roman au théâtre. En prélude à son spectacle, le metteur en scène a animé un café littéraire, dont le thème intitulé "Au-delà du roman… la scène", portait sur la lecture théâtrale qu'il avait fait de cette œuvre romanesque, laquelle lecture a été illustrée par ce spectacle.
"Gouverneurs de la rosée" est une histoire d'amour, passionnante, qui naît entre deux jeunes gens, issus de deux clans en guerre, l'un contre l'autre. Un histoire de Roméo et Juliette à la haïtienne. Dans un village appelé Fond Rouge, la sécheresse est à son comble, et les habitants sont opposés les uns aux autres par une querelle ancienne qui a fait couler énormément du sang. Une histoire de succession où un mauvais partage des terres a dégénérer la scission d'une même famille. Devenue ennemie jurée, le village a pris position dans ce litige. Et voilà que Manuel, fils de l'autre clan, revient de Cuba après 15 années d'absence pour retrouver ses parents et être confrontée à cette situation. Malheureusement pour lui, il tombe amoureux d'une fille du clan ennemi, Annaise. Cette idylle est très perçue dans les deux familles. Manuel va se battre pour trouver une source ; mais pour que cette eau inonde tout le village, il faut une réconciliation (concours des deux clans) pour creuser un drain. Ce vœu, Manuel l'obtiendra au prix de sa vie, car il sera tué par Gervilen, un cousin de sa fiancée.
La première originalité de cette création tient à la distribution, qui regroupe la crème des comédiens camerounais, tirés sur trois générations (plus jeunes, moins jeunes et aînés) sont retrouvés sur la même scène. Il s'agit de Alex David Longang, Jacobin Yarro, Philippe Mbako, Yaya Mbilé, Chantal Binyom, Joël Eboueme, Joseph Wamba, Charles Ekedi, Donald Mvondo, Cheryl Choupet et Jeannette Mengue
Caractère messianique
La conception de la mise en scène n'est pas gratuite ; l'acteur est un athlète du cœur, "qui transmet ses émotions au public , par exemple lorsqu'il dit nous mourrons tous…"
La symbolique des décors revêt un caractère messianique de l'entreprise du héros, qui donne une forte coloration spirituelle à tout le spectacle. La disposition des éléments scénographiques concoure à exprimer cette ambiance. En regardant le décor à froid de la scène, le spectateur commence à être conditionné ; il se met dans un état d'esprit où le dénouement de l'histoire ne devrait plus le surprendre. Sur la scène, le tronc d'arbre brûlé traduit la sécheresse et l'exploitation abusive de l'environnement. La plate- en forme de fusée qui descend est l'entrée en scène de Manuel, il descend de là, comme un messie . Il n'y a que Manuel seul qui évolue sur celle-ci. Lorsqu'il meurt ; il sort par là également. La toile en fond, crasseuse, toute délabrée est à l'image de la condition des habitants de Fond rouge. Tous comédiens en sortent de derrière et y retournent, excepté le héros. Et à la fin de la représentation, quand la réconciliation a lieu avec la mort de Manuel et l'adduction d'eau, personne ne rentre plus derrière cette toile. Avec des costumes simples et éloquents, les 12 acteurs qui évoluent sur la scène.
L'on voit progressivement comment la vision positive de Manuel, l'entraîne dans les méandres de Fond rouge, où la haine fait souffrir les innocents, en causant sa mort. "Il faut sauver l'eau…demander à Annaise le chemin de l'eau…il ne faut pas prévenir les autorités…il faut la réconciliation pour que la vie recommence…]. Une manière de dire que la vie est éternelle. La grossesse de Manuel dont porte Annaise en est une illustration ; preuve que la vie n'a pas de rupture, tant que chaque être peut y faire un nœud.
Yvette Mbogo
Exposition
Ccf
Verve chromatique
Le peintre congolais autodidacte, Franciss Tondo Ngoma expose ses œuvres au centre culturel français de Yaoundé du 10 au 28 novembre 2003.
Le thème, "Verve chromatique" laisse voir un fatras des passions et des évasions. C'est un langage de couleurs qui se communiquent et captivent le regard. Et pour créer une sorte de communion avec le public, l'artiste organise un "vernissage happening" ce 10 novembre 2003 au hall du Ccf, à 17 h dans le but de travailler devant le public qui sera autorisé à cet effet, à poser des questions sur les techniques et la conception des toiles.
Littérature
Rentrée littéraire
La rentrée littéraire 2003-2004 des Amis de la littérature a eu lieu les 07 au 08 novembre 2003, au centre culturel Oyem sis au quartier Ngousso, à Yaoundé.
Son programme a prévu une pensée pour "les piliers de littérature camerounaise" décédés, avec une conférence sur le thème "Jean-Baptiste Obama, l'épervier de la culture : le philosophe, l'historien, le pédagogue et l'initié" Les écrivains, Stella Engama, Hubert Mono Ndzana, Ateba Eyene et la journaliste, Sita Bella ont revisité l'œuvre du philosophe disparu. Il s'en est suivi un pèlerinage dans la localité d'Abang Megong, village du défunt.
Festival traditionnel
Ngondo
Soirée culturelle
Palais des congrès
En prélude au lancement des activités marquant le Ngondo 2003 et de la visite du bureau du Ngondo à la communauté Sawa de Yaoundé, cette dernière a organisé des journées de manifestations le 08 novembre 2003 à Yaoundé. une parade a eu lieu à travers les rues de Yaoundé, des animations culturelles et une conférence. La séquence la plus importante a été l'installation du bureau Ngondo de Yaoundé. L'escale de Yaoundé est le lancement d'un périple qui doit conduire les notabilités à travers le pays, avant la grande fête à Douala, en décembre prochain
Le Ngondo est une fête traditionnelle mystique annuelle des peuples Sawa (riverains du fleuve Wouri) à travers laquelle les chefs supérieurs de ces peuples vont communiquer et apaiser les esprits de l'eau. Au cours de ces cérémonies, seuls les initiés sont chargés d'aller verser de la nourriture, du vin et autres…, dans l'eau en guise d'offrandes aux esprits de l'eau.
Cinéma
Distinction
Le festival de Namur a distingué le "Silence de la forêt" de Didier Ouénangaré et de Bassek ba Kobhio. Soutenu par l'Aif, le film a reçu une mention spéciale du jury.
Théâtre
Au Ccf
Compagnie Tam-Tam de Kinshasa
Hubert Mehele, conteur présente aux enfants adhérents à la médiathèque, son répertoire constitué de contes qu'il a lui même écouté de ses parents. Ce sera le 12 novembre 2003 à 15 h à la médiathèque dudit centre. Cette prestation s'inscrit dans le cadre de l'animation jeunesse.
Gouverneurs de la rosée
Une réconciliation entachée de sang
La paix et l'amour sont indispensables au développement de la cité.
Pourquoi fallait-il que Manuel, celui-là même qui trouve une source pour drainer son village et réconcilie les deux clans ennemis meurt assassiné par son cousin? C'est la question sur laquelle le public présent à la représentation théâtrale du 06 novembre dernier au Ccf de Yaoundé a longtemps épiloguer. Parmi ceux qui sont venus voir "Gouverneurs de la rosée", beaucoup se sont laissés envoûter par une passion impossible, un amour interdit, qui pourtant vit dans le quotidien drôle et tragique d'une descendance d'esclaves enchaînés par la misère et la résignation. "Il faut être insensible pour ne pas communier avec les artistes qui évoluent sur la scène. Il y a quelque chose qu'ils nous communiquent", s'exprimait un spectateur. Un cocktail de chants, de prières,d'esquisses de danse et d'exclamations en langues locales (Bassa, Douala, Bamiléké Ewondo…) est venue ajouter des ingrédients à la pièce, un peu comme mu par le jeu fluide des comédiens qui a été caractérisé par la prestation et la maîtrise des textes.
Tiré du roman de Jacques Roumain, écrivain haïtien, "Gouverneurs de la rosée" est un chef-d'œuvre de la littérature négro-africaine qui est venu susciter l'ingéniosité du metteur en scène, Jacobin Yarro.
La pièce
C'est l'adaptation d'un roman au théâtre. En prélude à son spectacle, le metteur en scène a animé un café littéraire, dont le thème intitulé "Au-delà du roman… la scène", portait sur la lecture théâtrale qu'il avait fait de cette œuvre romanesque, laquelle lecture a été illustrée par ce spectacle.
"Gouverneurs de la rosée" est une histoire d'amour, passionnante, qui naît entre deux jeunes gens, issus de deux clans en guerre, l'un contre l'autre. Un histoire de Roméo et Juliette à la haïtienne. Dans un village appelé Fond Rouge, la sécheresse est à son comble, et les habitants sont opposés les uns aux autres par une querelle ancienne qui a fait couler énormément du sang. Une histoire de succession où un mauvais partage des terres a dégénérer la scission d'une même famille. Devenue ennemie jurée, le village a pris position dans ce litige. Et voilà que Manuel, fils de l'autre clan, revient de Cuba après 15 années d'absence pour retrouver ses parents et être confrontée à cette situation. Malheureusement pour lui, il tombe amoureux d'une fille du clan ennemi, Annaise. Cette idylle est très perçue dans les deux familles. Manuel va se battre pour trouver une source ; mais pour que cette eau inonde tout le village, il faut une réconciliation (concours des deux clans) pour creuser un drain. Ce vœu, Manuel l'obtiendra au prix de sa vie, car il sera tué par Gervilen, un cousin de sa fiancée.
La première originalité de cette création tient à la distribution, qui regroupe la crème des comédiens camerounais, tirés sur trois générations (plus jeunes, moins jeunes et aînés) sont retrouvés sur la même scène. Il s'agit de Alex David Longang, Jacobin Yarro, Philippe Mbako, Yaya Mbilé, Chantal Binyom, Joël Eboueme, Joseph Wamba, Charles Ekedi, Donald Mvondo, Cheryl Choupet et Jeannette Mengue
Caractère messianique
La conception de la mise en scène n'est pas gratuite ; l'acteur est un athlète du cœur, "qui transmet ses émotions au public , par exemple lorsqu'il dit nous mourrons tous…"
La symbolique des décors revêt un caractère messianique de l'entreprise du héros, qui donne une forte coloration spirituelle à tout le spectacle. La disposition des éléments scénographiques concoure à exprimer cette ambiance. En regardant le décor à froid de la scène, le spectateur commence à être conditionné ; il se met dans un état d'esprit où le dénouement de l'histoire ne devrait plus le surprendre. Sur la scène, le tronc d'arbre brûlé traduit la sécheresse et l'exploitation abusive de l'environnement. La plate- en forme de fusée qui descend est l'entrée en scène de Manuel, il descend de là, comme un messie . Il n'y a que Manuel seul qui évolue sur celle-ci. Lorsqu'il meurt ; il sort par là également. La toile en fond, crasseuse, toute délabrée est à l'image de la condition des habitants de Fond rouge. Tous comédiens en sortent de derrière et y retournent, excepté le héros. Et à la fin de la représentation, quand la réconciliation a lieu avec la mort de Manuel et l'adduction d'eau, personne ne rentre plus derrière cette toile. Avec des costumes simples et éloquents, les 12 acteurs qui évoluent sur la scène.
L'on voit progressivement comment la vision positive de Manuel, l'entraîne dans les méandres de Fond rouge, où la haine fait souffrir les innocents, en causant sa mort. "Il faut sauver l'eau…demander à Annaise le chemin de l'eau…il ne faut pas prévenir les autorités…il faut la réconciliation pour que la vie recommence…]. Une manière de dire que la vie est éternelle. La grossesse de Manuel dont porte Annaise en est une illustration ; preuve que la vie n'a pas de rupture, tant que chaque être peut y faire un nœud.
Yvette Mbogo
Partager :