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histoire/société, littérature
essai | janvier 1950 Discours sur le Colonialisme Aimé Césaire

Pays de l'auteur : Martinique

Auteur : Aimé Césaire

Edition : Présence africaine

Pays d'édition : France

Genre : essai

Parution : janvier 1950

Ce texte est un plaidoyer contre le colonialisme. Au-delà d'une simple dénonciation, Césaire décortique les mécanismes du système colonial, montre ses liens intrinsèques avec les sociétés occidentales et souligne à quel point il hypothèque l'avenir de ces sociétés et annonce leur déclin en ceci qu'il est un déni des valeurs que porte la civilisation européenne.
Césaire, tout comme à la même époque Frantz Fanon – autre grande figure Martiniquaise –, se fait le porteur d'un nouvel humanisme, par opposition au "pseudo-humanisme"qui a légitimé la colonisation au nom de la civilisation et de la modernité. Ce nouvel humanisme, héritier des Lumières, redonne au colonisé son statut d'homme : la dénonciation de ce qu'a d'inhumain et de déshumanisant le système colonial, s'accompagne de l'affirmation de la richesse et de la diversité des sociétés colonisées et de leur droit à exister sur un pied d'égalité avec l'Europe.

extraits :
Je vois bien que la colonisation a détruit : les admirables civilisations indiennes et que ni Deterling, ni royal Dutch, ni Standard Oil ne me consoleront jamais des Aztèques et des Incas.

Je vois bien celles, condamnées à terme, dans lesquelles elle a introduit un principe de ruine : Océanie, Nigeria, Nyassaland. Je vois bien ce qu'elle a apporté.

Sécurité ? Culture ? Juridisme ? En attendant je regarde et je vois, partout où il y a, face à face, colonisateurs et colonisés, la force, la force, la brutalité, la cruauté, le sadisme, le heurt, et, en parodie de la formation culturelle, la fabrication hâtive de quelques milliers de fonctionnaires subalternes, de boys, d'artisans, d'employés de commerce et d'interprètes nécessaires à la bonne marche des affaires.

J'entends une tempête. On me parle de progrès, de réalisations, de maladies guéries, de niveaux de vie élevés au-dessous d'eux-mêmes. Moi je parle de sociétés vidées d'elles-mêmes, de cultures piétinées, d'institutions minées, de terres confisquées, de religions assassinées, de magnificences artistiques anéanties, d'extraordinaires possibilités supprimées.
Aimé Césaire

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