« Faire comme si les indépendances avaient un vrai contenu »

Entretien de Christine Sitchet avec Théo Ananissoh

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L’écrivain togolais Théo Ananissoh, qui a publié cette année Ténèbres à midi (1), propose de « prendre résolument au mot ces indépendances, comme si elles contenaient réellement ce qu’elles prétendent contenir ». Il en appelle à commencer par un face-à-face avec soi-même et à cultiver un regard autocritique sans concession, une « salvatrice critique de soi ».

« Les indépendances africaines dont il est question ici sont des leurres bien efficaces depuis cinquante ans »
Vous êtes né en 1962, deux ans après le début des indépendances africaines. Qu’est-ce que le mot indépendance évoque pour vous ? Quelles émotions fait-il surgir ?

Je n’ai pas vécu le passage de la colonisation directe à l’indépendance qui, en réalité, est une indépendance-association, pour ce qui concerne les territoires coloniaux français tout au moins. Je n’ai connu que « les soleils des indépendances » [ndlr : roman de l’Ivoirien Ahmadou Kourouma paru en 1968] ; j’ai donc vécu ce temps, qui est à la fois régression et progrès en quelque sorte, à la fois état de nature et conscience de cela. Les œuvres d’Ahmadou Kourouma, de Mongo Béti, de Sembène Ousmane sont de ce temps-ci tout comme les horreurs absolues survenues dans les forêts humides du Congo, du Rwanda et dans les savanes de l’Afrique de l’Ouest ces dernières décennies. Les indépendances africaines dont il est question ici sont des leurres bien efficaces depuis cinquante ans. La grande trouvaille a été d’associer pleinement les Africains à ce nouveau dispositif.
Intellectuellement, le moyen d’y faire face est de prendre résolument au mot ces indépendances, de faire comme si elles avaient un vrai contenu, comme si elles contenaient réellement ce qu’elles prétendent contenir ; donc de poser la seule question qui vaille : la responsabilité des Africains en l’occurrence. Contribuer à cette mise en question est, pour reprendre votre mot, l’émotion principale que j’éprouve. Au fond, c’est une sorte de privilège d’être de cette classe d’âge née avec les indépendances ; après nous, dans vingt, trente ans, il y aura, j’allais dire, d’autres Africains qui n’auront pas le même âge que leur pays respectif. Ce temps de vie qui est le nôtre, commencé au début des années soixante, restera pour le continent une époque mémorable ; c’est une époque extrêmement dure, éprouvante pour nous certes, mais aussi une époque où l’on fonde, où l’on inaugure. Ce n’est pas donné à toutes les générations.

Avec le recul de cinquante années, selon vous de quoi ont accouché ces « indépendances » africaines ?
Elles ont accouché, je crois, d’une conscience africaine pénétrée du sentiment que la responsabilité des Africains est pleine et entière dans ce qui est. La Vie et demie de Sony Labou Tansi ou Monnè, outrages et défis d’Ahmadou Kourouma sont des manifestations de ce fait historique.
« [Le roman africain] porte intelligemment la salvatrice critique de soi »
Cinquante ans après, qu’y a-t-il à célébrer ?
Le roman africain ! Je viens de le dire. On ne le lit pas, je sais ; mais c’est ce roman qui porte intelligemment la salvatrice critique de soi. Une critique informée, instruite, pertinente, magnifique. Un romancier comme Ahmadou Kourouma est supérieurement historien dans Monnè, outrages et défis. Si les Africains lisaient les romans africains, ils seraient tentés de lyncher certains de leurs auteurs. Ahmadou Kourouma par exemple, pour avoir écrit Monnè, outrages et défis… Avec Boniface Mongo Mboussa, l’écrivain congolais, nous nous étonnons souvent à haute voix de ce que l’énormité impitoyable de ce que dit Kourouma dans ce chef d’œuvre semble passer inaperçue ! Sembène Ousmane, Mongo Béti sont magnifiques d’ampleur de vue et de sensibilité. Sony Labou Tansi, avec La Vie et demie, et sans le savoir, a repris à notre intention Thomas Hobbes…

Avez-vous participé aux célébrations ayant accompagné ce cinquantenaire ?
Pas du tout ! Je tenais en revanche à publier un roman – « noir » – en cette année 2010. C’est fait. Et j’ai publié également quelques textes brefs dans des ouvrages collectifs.
« Je me perçois comme un atome du réveil général et historique qui se passe sous nos yeux en Afrique »
Comment définiriez-vous votre posture d’écrivain par rapport à la question des dites Indépendances africaines ?
Je me perçois comme un atome du réveil général et historique qui se passe sous nos yeux en Afrique. Si vous interrogez un peu le mot indépendance, vous voyez qu’il signifie esprit, une vie, une existence conforme à l’esprit ; j’ajoute : sans cesse dans la mesure du possible. Écrivain dans et pour l’Afrique actuelle veut dire : homme d’esprit. En vous répondant ainsi, je m’aperçois que c’est sans doute pourquoi j’aime tant des écrivains comme André Gide, Thomas Mann ou V. S. Naipaul.

Vous en appelez à exiger de l’Afrique des preuves de son exercice de l’esprit. Pourriez-vous éclairer cette pensée ?

L’homme vit dans le créé ; contrairement aux animaux, il vit dans ce qu’il a créé lui-même. Nous naissons dans les bras des autres hommes. Dans mon roman Ténèbres à midi, un personnage dit : « Le monde est une création humaine ». Le monde, ses routes, son ONU, ses avions, ses médicaments, ses satellites, etc., sont des créations humaines. La France ou les USA sont des créations humaines. Donc l’état actuel de l’Afrique est la preuve d’une indigence de l’esprit, un extraordinaire déficit d’esprit. Exercer son esprit, c’est créer la vie. Les épidémies, les catastrophes naturelles n’accablent pas de la même façon tous les pays du monde. On maîtrise à Londres ou Paris l’hygiène collective, les déchets que produisent quotidiennement des millions d’hommes, alors qu’on en est envahi et accablé dans Lomé ou Brazzaville, pourtant nettement moins peuplés….
« Mongo Béti est le modèle de l’écrivain qui a obstinément voulu une Afrique conforme à l’esprit »
Dans votre dernier roman, Ténèbres à midi, le narrateur, exilé, s’en retourne chez lui (2) pour un séjour de quatre semaines après 22 ans d’absence. Vous lui prêtez le souhait de « [s]’entretenir avec un homme né après la colonisation comme [lui], qui mène son existence d’adulte dans ce pays, qui y agit » et aussi de « voir de près quelques-uns de ceux qui participent au régime ». Il découvre les dysfonctionnements et défaillances du pays. Et rencontre Eric Bamezon, conseiller à la présidence, pris dans les remous ténébreux d’un univers politique obscurantiste. Dans ce livre, vous dressez un état des lieux critique sans concession. Vous inscrivez-vous consciemment dans la lignée de l’écrivain Mongo Béti, qui fustigea la tutelle abusive de la France sur ses anciennes colonies d’Afrique, mais aussi tendit un miroir critique très sévère au Cameroun et aux Camerounais (3) ?
Mongo Béti est le modèle de l’écrivain qui a obstinément voulu une Afrique conforme à l’esprit. À bon droit ! Je le souligne à l’intention de ceux qui parlent avec dédain de militantisme ou d’engagement à son sujet. C’est d’esprit qu’il s’agit et de rien d’autre. J’admire profondément cet homme qui reste un rare modèle d’exigence intellectuelle et littéraire. Comme Léopold Sédar Senghor – qu’il honnissait mais dont il devait sans doute reconnaître la puissance intellectuelle -, comme Sembène Ousmane ou Ahmadou Kourouma, lui aussi a inauguré. Il a écrit des romans, des essais politiques, des pamphlets, des récits de voyage ; il a été enseignant, éditeur, libraire… Nous aurons du mal à l’égaler. Mongo Béti s’est désolidarisé de son temps. Il a exprimé son rejet catégorique de ce qu’est l’Afrique actuelle. Faire comme lui est une aspiration. Ce qui a changé à notre époque par rapport au passé précolonial et même colonial, c’est que des Africains écrivent désormais et témoignent – par écrit – de notre existence. Désormais, on jugera les faits et les êtres sur pièce, si j’ose dire. Demain, les Camerounais, aspirant à l’idée de dignité, iront la chercher dans les œuvres de Mongo Béti.
« La situation d’exil n’est pas un choix »
Dans votre livre, vous évoquez la difficulté des êtres à préserver leur dignité – donc quelque part leur humanité – dans une société caractérisée par la défaillance de la communauté politique. L’exil représente-t-il à vos yeux une stratégie échappatoire pour esquiver une situation menaçant la dignité de l’être, une stratégie d’évitement pour préserver cette dignité ?
La situation d’exil n’est pas un choix. Comme à beaucoup d’autres Africains, cela s’impose à moi. Je fais avec. Un écrivain ne commence pas par créer le temps et le monde dans lesquels il vit ; personne d’autre non plus, du reste. Donc les études à l’étranger, puis le retour impossible pour toutes sortes de raisons. On n’écrit pas au Togo, en Centrafrique ou dans d’autres endroits de cette sorte ; il n’y a pas là un contexte favorable à la création littéraire – ni au talent musical ou footballistique d’ailleurs. Or je ne me voyais aucun autre sort que celui d’écrivain…
Pour aller vite, je vais dire : « Afrique » ; mais entendez : Togo, Centrafrique, Congo, Tchad, etc., et retirez ceux des pays africains qui vous paraissent des réussites par rapport à ce que je dis. Donc, l’Afrique est un puits de compromissions irrésistibles dont le type d’écrivain que je souhaite être doit impérieusement se protéger. L’Afrique clochardise l’homme d’esprit. Entre celui-ci et un tel contexte, c’est donc un conflit ouvert. Il faut se pénétrer de cette évidence. La guerre est patente. Je ne parle même pas ici de régimes politiques qui persécuteraient etc. Je parle de contexte, de milieu. Gallimard a publié ces dernières années, dans la collection Continents noirs, trois volumes d’écrits jusqu’alors épars de Mongo Béti, qui témoignent de ce que c’est qu’être un écrivain qui, rentré au pays, ne veut pas rendre les armes (Le Rebelle). À la fin du troisième volume, lisez le récit que fait son épouse des circonstances de la mort et de l’enterrement de ce grand homme. L’espèce de torero qu’est l’écrivain africain n’a pas à céder. Absolument pas. L’exil est nécessaire, utile. Oui, comme vous le dites, il permet à l’écrivain de garder et de cultiver son orgueil – c’est quoi un écrivain sans orgueil ? Je ne dis pas arrogance ou vanité !
Diriez-vous que votre posture d’expatrié (installé en Allemagne) vous offre un point d’observation qui vous permet – paradoxalement – de mieux accéder au réel (du pays quitté), de mieux le dépeindre, et le révéler ?
L’exil vous évite d’être pris en otage ; sur place, pour vivre, vous loger, vous nourrir, vous soigner, on va vous obliger à vous compromettre ou à ramper (4), ce qui revient au même. Le « on » ici n’est pas qu’africain. C’est ce que refuse catégoriquement le personnage Eric Bamezon. Ténèbres à midi est un roman du refus. Bamezon est héroïque ; j’espère qu’on s’en aperçoit avec moi. Il lui suffit de dire oui pour qu’il n’y ait pas le roman qu’on lit ! C’est parce qu’il refuse (tout comme le narrateur dont l’inflexibilité n’est pas moindre), ou plutôt c’est parce qu’il ne sait pas, ne peut pas, ramper que la réalité est si intensément vue et décrite. Il faut beaucoup fermer les yeux et le nez pour pouvoir ramper, vous savez. L’exil donc est un moyen ; à condition de retourner régulièrement sur le continent et de lire sans cesse les ouvrages qui décrivent son histoire, comme c’est mon cas. Assuré par l’exil de ne pas être pris en otage par l’Afrique elle-même, vous pouvez mieux l’observer, y réfléchir et donc la dépeindre.
Est-ce à dire que l’indépendance ne peut aujourd’hui être vécue qu’en situation d’expatriation ?
Oui, si vous voulez être écrivain. N’avez-vous pas remarqué qu’entre Senghor et nous, il n’y a pour ainsi dire personne ? Je ressens bien, moi, que nous sommes des orphelins. À l’exception de Mongo Béti, qui, en Afrique francophone, fait le lien entre Senghor et nous à travers une production suivie de pensées et de sensibilité. Ceux qui sont devenus jeunes adultes dans les années soixante ont été piégés par le nouveau dispositif postcolonial. Ils ont fait des carrières fulgurantes ; à trente ans, et même moins, ils sont représentants de leur pays à l’ONU… De jeunes esprits bien formés qui, une génération plus tôt, se seraient consacrés à l’austérité de la création et de la réflexion, ont pour ainsi dire lâché prise. C’est le schéma Ferdinand Oyono/Mongo Béti (5). C’est une curieuse génération en vérité… Faire l’ENA ou l’Ecole normale en France puis, de retour au pays, se retrouver sous les ordres de Bongo, d’Ahidjo ou d’Eyadéma. N’est-ce pas là un beau piège historique ? Des gens si brillants au départ qui ont donné si peu d’œuvres intellectuelles suivies… Une vraie génération désamorcée !
« La perspective de (re)partir vers l’Occident n’est pas apaisement »
Dans la scène finale de Ténèbres à midi, qui se déroule dans la salle d’attente d’un aéroport, le narrateur s’apprête à retourner en Occident après un séjour de quatre semaines au pays ; il se fait fin observateur du microcosme formé autour de lui ; il est aussi tout occupé par des préoccupations matérielles (sa place dans l’avion, aller aux toilettes avant le départ…). Quel sens a pour vous cette fin ? « Et la vie continue… » ? Malgré les chocs, déceptions et frustrations ; elle continue pour le narrateur qui rentre en Occident tout comme pour ceux qui restent sur place ?
Ce chapitre final du roman n’est pas une fermeture ; il fait écho au premier du livre. L’exil, l’errance continuent pour le narrateur ; on y voit de nouveaux candidats à cet exil, à cette errance, des candidats plus jeunes, qui ont l’âge que lui avait en partant du pays vingt ans plus tôt. Ces êtres sont en quête de vie, et se déplacent en direction de là où ils peuvent la trouver, là où l’esprit crée la vie. Le narrateur est tout sauf à l’aise ou insouciant ; il traîne avec lui les préoccupations, les soucis, les angoisses, les obsessions de sa situation historique. La perspective de (re)partir vers l’Occident n’est pas apaisement, comme on pourrait le croire.
Avec son séjour au pays le narrateur s’est heurté aux « ténèbres à midi » d’un pays africain ; réalité annoncée par le titre du livre, conçu en forme d’oxymore. Il s’est retrouvé face à lui-même, face à ses doutes, ses déceptions, ses aversions. Avez-vous écrit ce livre dans l’idée que le lecteur suive le chemin de « conscientisation » éprouvant du narrateur, qui est peut-être aussi le vôtre – et en ressorte, d’une certaine manière, grandi, parce que lucide ?
Dans La Montagne magique de Thomas Mann, un personnage dit qu’il est divin d’être sensible. C’est cela le but en fait ; écrire pour élaborer une sensibilité, et la nourrir chez le lecteur.
« J’ai foi en la littérature »
Pour finir, pourriez-vous nous dire à quand remonte votre désir d’être écrivain ?
À l’âge de onze ans, après avoir lu La belle histoire de Leuk-le-lièvre de Léopold Sédar Senghor et Abdoulaye Sadji. Bien entendu, à cet âge, on ne sait pas ce que c’est qu’un écrivain, encore moins ce que c’est qu’être écrivain ; mais l’idée de devenir, disons, auteur de livres m’est venue à cette occasion-là. Elle a persisté, et à l’adolescence, je ne me voyais pas faire autre chose plus tard qu’écrire. Quand je repense aujourd’hui à toutes ces années où j’attendais pour ainsi dire mon destin, je m’aperçois que c’était certes une longue et rude période de frustration mais aussi d’espoir ennoblissant. J’allais devenir écrivain, j’allais me consacrer à la littérature ; cela me protégeait, me structurait et me guidait.
Et quelle « nécessité intérieure » (6) guide vos pas d’écrivain ? Si tant est que l’on puisse la réduire à une.
Difficile, je crois, de donner une réponse simple et précise à cette question. D’emblée, j’ai aimé l’idée de l’invention verbale qu’est la littérature. J’ai foi en la littérature. Ce que je vis n’a d’intérêt que comme matière pour l’écriture. Le livre de Senghor et Sadji, que j’ai cité plus haut, m’a ouvert la porte de quelque chose qui est plus vrai à mes yeux, qui mérite plus en tout cas qu’on lui consacre sa vie. J’écoutais dernièrement une lecture d’extraits de la correspondance de Gustave Flaubert ; avant chaque lettre, on faisait une présentation succincte du contexte, du moment où la lettre avait été écrite, et du correspondant auquel elle s’adressait. Et je pensais pendant que j’écoutais : comme c’est admirable que cet homme ait réussi à substituer la vie créée à sa vie réelle.

1. Théo Ananissoh, Ténèbres à midi, Paris, Gallimard, Coll. Continents noirs, 2010.
2. Le nom du pays en question n’est pas précisé, mais tout porte à croire qu’il s’agit du Togo.
3. Lire notamment Le Rebelle, trois volumes où sont réunis des interviews, articles, tribunes libres, pamphlets, lettres ouvertes de Mongo Béti (Le Rebelle I / II / III, Paris, Gallimard, Coll. Continents noirs, 2007 / 2007 / 2008. Textes réunis et présentés par André Djiffack. Préface de Boniface Mongo-Mboussa).
4. Ndlr : dans Un reptile par habitant, son deuxième roman, Théo Ananissoh utilise la métaphore du reptile (qui rampe) pour décrire le fonctionnement de la société dépeinte.
5. Ndlr : Théo Ananissoh fait référence ici à deux figures à la trajectoire de vie antithétique. Ferdinand Oyono (1929-2010), qui fit des études supérieures de droit à la Sorbonne et intégra l’ENA ; après avoir écrit trois romans où il fustigeait le colonialisme, il se lança dans une longue carrière politique qui le conduisit à être diplomate pour le Cameroun et à assurer la charge de différents ministères dans le gouvernement de Paul Biya. L’écrivain camerounais Mongo Béti (1932-2001), qui se consacra pour sa part à l’écriture et à l’enseignement, dut s’exiler en France pendant 32 ans en raison de ses prises de position critiques.
6. Wassily Kandinsky, Du Spirituel dans l’art, et dans la peinture en particulier, Paris, Ed. Denoël, 1989 [1954].
New York, novembre 2010///Article N° : 9874

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