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14|12|2009analyse > bd, cinéma/tv
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La caricature est résistance : images décuplées dans les documentaires de Nicoletta Fagiolo Olivier Barlet

À travers deux documentaires réalisés en 2007 et 2008, la journaliste Nicoletta Fagiolo suit "les résistants du 9ème art", des dessinateurs au crayon qui grattent là où ça fait mal.

La caricature parle d'elle-même mais les échos que permet le documentaire installent le caricaturiste dans son contexte : récits, photos, situations, dessins. Dans ses deux films, Nicoletta Fagiolo s'intéresse aux risques encourus par les caricaturistes qui peuvent être emprisonnés pour leurs dessins ou doivent même s'exiler comme le Camerounais Issa Nyaphaga - et leur laisse volontiers la parole.
On imagine que sous le régime de l'apartheid sud-africain, la caricature était mal reçue. Zapiro raconte ainsi que lorsque la police sécuritaire lui avait demandé : "Pourquoi nous représentez-vous en cochons ?", il avait répondu : "C'est comme ça que je vous vois !". Et la police de le jeter en prison ! Le même Zapiro a aujourd'hui encore des problèmes avec le nouveau président sud-africain qui n'apprécie guère qu'il le représente systématiquement avec un pommeau de douche sur la tête en référence au fait qu'il avait affirmé lors de son procès pour viol qu'il n'attrapait pas le sida s'il prenait une bonne douche après le rapport sexuel. Du temps du président Mandela, la liberté était totale, Madiba l'ayant même appelé pour lui dire qu'il appréciait ses critiques, pourtant de plus en plus dirigées contre l'ANC, en lui précisant bien que c'était son boulot d'être critique.
Le Congolais Willy Zekid raconte que lors d'une descente, la police l'avait demandé et qu'il avait répondu que Willy Zekid était sorti. Ils ont tout cassé et on dit que s'ils le trouvaient, ils lui feraient la même chose…
Mêmes problèmes pour Issa Nyaphaga auquel Nicoletta Fagiolo consacre également un 18 minutes. Tombé dans la caricature car un journal cherchait un caricaturiste, il participera aux heures de gloire des journaux satiriques camerounais : Le Combattant qui produisait Le Moustique déchaîné, puis le célèbre Messager Popoli. Engagé dans le combat pour la liberté de la presse, il essuiera des répressions qui le pousseront finalement à l'exil. Vivant depuis dix ans en France, il a développé une peinture matiériste puisant dans la peinture à la main pratiquée dans son village. Les critiques nomment capilarisme sa technique de peinture sur cheveux qu'il a inventée en utilisant ses propres dread locks !
Les caricaturistes sont non-violents mais leur force de représentation agresse vite ceux qu'ils critiquent. C'est alors que la violence revient au galop à leur encontre. On en retrouve un exemple dans le dernier long métrage de fiction du Guinéen Cheikh Fantamady Camara, Il va pleuvoir sur Conakry : un caricaturiste met trop facilement le pinceau là où ça fait mal et le film raconte avec moult répercussions dans la sphère privée ses démêlées avec le directeur de son journal…
Lorsqu'elle déstabilise, l'image met en crise et c'est ainsi qu'elle mobilise. Chez Camara comme chez tant de cinéastes soucieux de faire bouger le spectateur, l'utilisation de la caricature amplifie le propos, non dans le sens d'une vérité assénée mais en nous laissant la réplique. Dès lors qu'elle laisse à penser, la caricature développe l'esprit critique et est en soi facteur de résistance. C'est bien ce qui dérange ! (....)


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