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06|05|2008entretien > arts plastiques
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"Le grand défi de Dak'art, c'est l'élargissement de son public" entretien de Cédric Vincent avec Rémi Sagna

Après la disparition à la fin des années 1970 du Festival Mondial des Arts Nègres à la suite de sa deuxième édition, le Festac, qui se déroula à Lagos, l'État sénégalais émit le souhait de créer de façon régulière une importante manifestation artistique et culturelle internationale, non plus itinérante mais fixée à Dakar. Ce projet mit cependant plus d'une décennie à voir le jour - la première édition de la biennale date de 1992 - et plusieurs éditions se succédèrent avant qu'il trouve son rythme et un format adéquat. Rémi Sagna, premier secrétaire général de la Biennale - Ousseynou Wade en reprendra la direction en novembre 2000 - revient sur la mise en place mais aussi sur les faiblesses de ce qui reste la principale plateforme de l'art contemporain en Afrique de l'Ouest.


L'une des particularités de la Biennale de Dakar est d'avoir été initiée par les artistes sénégalais. Pouvez-vous nous rappeler les circonstances de l'apparition de la Biennale et l'évolution des rapports entre la manifestation et les artistes sénégalais ?

C'est à la suite d'une demande de l'ANAPS (Association Nationale des Artistes Plasticiens du Sénégal) au Président de la République d'alors, le Président Abdou Diouf, que le Ministère de la Culture a été chargé d'étudier la faisabilité d'un tel projet et qu'il a mandaté pour cela M. Amadou Lamine Sall, écrivain-poète. Après approbation des conclusions du rapport de M. Sall, celui-ci a été désigné pour la mise en œuvre du projet de Biennale des Arts et des Lettres. Il s'agissait au départ d'une biennale internationale, qui, alternativement, devait être consacrée aux lettres et aux arts. Ce principe a fonctionné pour les deux premières éditions (1990 et 1992). Mais, à l'occasion du séminaire d'évaluation de l'édition de 1992, les représentants des artistes ont réussi à faire passer l'idée qu'il était plus pertinent de consacrer définitivement la Biennale de Dakar à la promotion des arts, avec à l'esprit les modèles que représentaient les prestigieuses Biennales de Venise, São Paulo, Cuba ou la Documenta de Cassel. Les artistes plasticiens considéraient qu'il était normal que la Biennale, qui avait été créée à leur demande, soit consacrée aux arts, et ils estimaient que les lettres devaient trouver un autre cadre de promotion, comme, par exemple, la Foire Internationale du Livre et du Matériel didactique (Fildak). Ils ont donc obtenu gain de cause et restent globalement très attachés à cette manifestation, même si leurs rapports ne sont pas toujours dénués d'ambiguïté.

Comment vous êtes-vous retrouvé à la tête de l'organisation de la Biennale ?

J'ai été nommé au Secrétariat Général de la Biennale de Dakar en septembre 1993 par le Ministre de la culture d'alors, Madame Coura Ba Thiam, qui venait elle aussi d'être portée à la tête du Département de la Culture. Elle m'avait alors précisé que plusieurs personnes avaient proposé mon nom lors de la consultation mise en place pour pourvoir ce poste. Ces personnes estimaient qu'au regard de la situation financière assez délicate et de la nécessité de mettre en œuvre les nouvelles orientations proposées par le dernier séminaire d'évaluation, il fallait un homme neuf. J'étais, leur semblait-il, "l'homme de la situation". Je puis vous assurer que je n'y suis pas allé avec beaucoup d'enthousiasme, à cause de ce que j'avais entendu dire sur les difficultés et parce que les artistes ne sont pas toujours très tendres avec nous les fonctionnaires…

Malgré cela vous avez été l'un des principaux architectes de Dak'art. Le changement majeur institué pour la deuxième édition en 1996 a été de centrer la Biennale sur l'Afrique - une Biennale panafricaine - après une première édition résolument internationale. Pourquoi avoir choisi cette stratégie ?

Je dois dire avec humilité que je n'ai pas été le seul initiateur de cette orientation. C'est avec le Conseil (....)


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