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redacteursChristine Eyene
personnesGhada Amer
livreAfrique rose

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Sans titre (L'origine du monde), 1996, broderie et toile matelassée, Ghada Amer.

© Droits réservés Gagosian Gallery.

Grey Lines, 2004, acrylique, broderie et gel sur toile, Ghada Amer.

© Droits réservés Gagosian Gallery.

The Sreen, 1992-2004, acrylique, epoxy, nylon, poudre d'aluminium, Ghada Amer.

© Droits réservés Gagosian Gallery.

Barbie aime Ken, Ken aime Barbie, 1995, broderie, toile, cintres, Ghada Amer.

© Droits réservés Gagosian Gallery.

Encyclopedia of Pleasure, 2001, sculptures brodées, Ghada Amer.

© Droits réservés Gagosian Gallery.

15|06|2005portrait > arts plastiques
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Ghada Amer, du porno populaire à l'érotologie arabe Marie Christine Eyene

L'artiste égyptienne Ghada Amer s'inspire de la pornographie, de la culture populaire et de légendes anciennes pour évoquer le plaisir au féminin, le désir obsessionnel et le savoir érotique.

Il nous faut parler de l'amour en Afrique. L'Afrique rose. C'est au romantisme qu'invite la couleur. Un idéal auquel toute femme aspire. Le rose, la rose et l'innocence, dans l'univers féerique des contes et légendes. Un monde imaginaire dont Ghada Amer, artiste égyptienne, tire son inspiration.
Parler de l'amour en Afrique, disions-nous. Mais voilà, Ghada Amer habite New York depuis bientôt dix ans. Revient alors à notre esprit ce séjour au Maroc où les films d'amour allaient des sitcoms égyptiennes aux productions bollywoodiennes. Le Maghreb, il est vrai, est un carrefour de civilisations. (1) Et, de la même manière que l'Afrique a été traversée par différentes cultures, elle s'exprime aujourd'hui sur d'autres territoires que le sien. C'est dans ce contexte que son oeuvre nous intéresse.
Romantisme et innocence, s'ils ont fait les débuts de l'artiste dans les années 1980, ont depuis une dizaine d'années cédé la place à la réalité charnelle des corps en plaisir. Des nus en extase ont remplacé les prudes ménagères. Et si l'on a cru un temps qu'Amer contestait le conservatisme de l'islam, on comprend aujourd'hui que son travail s'inscrit dans la droite lignée avec la définition de l'érotisme telle qu'on la trouve dans la culture arabe. De fait, après avoir puisé dans les revues pornographiques, Ghada Amer s'est intéressé à l'amour dans le monde musulman, des contes populaires aux traités érotiques.


Le plaisir au féminin, dévoiler dans la pudeur

Née au Caire en 1963, Ghada Amer, fille d'un ancien diplomate égyptien, a toujours été encouragée à voyager. Elle étudie l'art à l'École du Musée des Beaux-Arts de Boston, obtient une maîtrise en peinture aux Beaux-Arts de Nice puis poursuit ses études à Paris. Elle peint depuis les années 1980, mais ce qui fait la singularité et le succès de son œuvre tient à l'utilisation du fil en guise de pigments.
Le cheminement par lequel elle en vient à la couture est bien connu. (2) Lorsqu'elle retourne en Égypte en 1988, après une dizaine d'années à l'étranger, elle tombe sur un numéro de Venus, magazine de mode égyptien. Elle y découvre des mannequins portant des vêtements de marques occidentales adaptés, par collage, aux exigences de l'islam. À la fin de la revue, des patrons permettent aux lectrices de réaliser leurs propres modèles. Ce numéro, que l'artiste " conserve comme un talisman " (3), a été le point de départ de sa broderie figurative. Au début des années 1990, elle l'emploie à représenter la femme dans le rôle domestique que lui attribue la société. Des œuvres comme Cinq Femmes au Travail (1991), La Femme qui repasse (1992) ou Au Supermarché (1992), marquent cette époque. Et, de la même manière que les pionnières de l'art féministe mettaient leur corps à l'épreuve, Ghada Amer s'inflige la dure tâche de piquer ses scènes points par points, dans un procédé lent et minutieux ; faisant de la broderie, travail artisanal et féminin, un art majeur.
Lauri Ann Farrell rapporte qu'Amer a toujours été fascinée par les images sentimentales et romantiques. (4) Ses premiers coups de crayon reproduisaient en (....)


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