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Thomas C. Spear

01|03|2004analyse > histoire/société
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Patrimoine haïtien (Ayiti Toma) New York, octobre 2003Thomas C. Spear

L'histoire de la France et des Etats-Unis est intimement liée à celle d'Haïti. Une histoire faite d'occupations, d'embargos, d'échanges et de conflits, passée sous silence dans l'historiographie officielle.

Ayiti Toma, l'étonnante Haïti, Haïti chérie. Comment célébrer son bicentenaire ? Ma perspective de réflexion est celle d'une autre île, Manhattan, la ville-île de New York où, en décembre 1914, les marines américains sont revenus avec tout l'or de la Banque nationale d'Haïti. À l'époque, Haïti n'avait pas vraiment fini de payer sa "dette" écrasante envers la France, ces millions de francs-or négociés avec Charles X en 1825 pour que la France "reconnaisse" l'indépendance d'Haïti, en fait pour rembourser le "capital" perdu des planteurs. Quel tragique western symbolisé par ce butin du hold-up des marines ; l'occupation américaine (1915-1934) débute peu après, sous prétexte de rétablir l'ordre sur l'île et de protéger la propriété. Penser à ces transferts historiques du capital haïtien me fait revisiter les mythes qui entourent les noms de ceux que l'on appelle dans les écoles états-uniennes les Founding Fathers, les pères fondateurs.


Les trois pères fondateurs

Quand le jeune Thomas Jefferson rédige la Déclaration de l'indépendance des Etats-Unis en 1776, il change la formule lockienne pour que "propriété" devienne "bonheur". La devise américaine proclame ainsi le droit "à la vie, à la liberté et à la poursuite du bonheur" ("Life, Liberty and the Pursuit of Happiness"). Ce droit essentiel était réservé à ces hommes "blancs" réunis à Philadelphie, dont des esclavagistes comme Jefferson. Depuis un certain moment, les historiens se penchent sur le cas de Sally Hemings, esclave de Jefferson avec qui il a eu, paraît-il, un ou plusieurs enfants. Quarteronne, Sally serait déjà la demi-sœur de Martha, l'épouse de Jefferson ; Sally faisait partie de la dot de Martha parmi plus d'une centaine d'autres esclaves et plus de 4000 hectares de terrain acquis comme c'était la norme (Sally-le-meuble pour employer un terme du Code noir pour décrire une telle "propriété" – "bonheur" ? – ajoutée à celle du futur mari). Ce n'est pas ici le lieu de faire le procès de Jefferson qui, par écrit, dénonce l'esclavage. Et pourtant, de quelle histoire jeffersonienne se souvient-on quand on voit les deux "faces" des pièces de cinq sous (5¢, un nickel) ? Les Etats-uniens – comme les Français – ont la mémoire sélective quand il s'agit d'exclure les moments où l'histoire haïtienne coïncide avec la leur. Peut-on oublier les raisons pour lesquelles Napoléon, ayant perdu les richesses de Saint-Domingue, avait besoin d'argent en 1803 pour négocier The Louisiana Purchase avec Jefferson, doublant la taille des Etats-Unis ?
En 1802, trois de ces "pères fondateurs" de première importance pour l'histoire des Amériques se nomment Thomas Jefferson, Napoléon Bonaparte et Toussaint Louverture. À la fin de l'année 1801, Napoléon envoie son beau-frère le général Leclerc avec une armée expéditionnaire de plus de 20 000 hommes pour reprendre Saint-Domingue, ce qui implique la réimposition de l'esclavage. Pour les mêmes raisons, Napoléon envoie en Guadeloupe une autre armée, plus petite, dirigée par le général Richepance. Dès les insurrections à Saint-Domingue en 1791, le premier président-planteur (1789-1797) et père fondateur des Etats-Unis, George Washington, promet à la France de l'argent et (....)


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