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Mimi Errol

01|11|2003analyse > arts plastiques
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L'art contemporain en Côte d'Ivoire : des origines à l'aventure vohou-vohou Mimi Errol

L'esthétique vohou-vohou et son utilisation de matériaux contrastant avec l'enseignement académique marque l'évolution de l'art contemporain ivoirien : histoire d'une fructueuse réaction.



Les origines

Directement issu de l'art européen, plus particulièrement français, l'art contemporain ivoirien reflète les aspirations socio-politiques d'un peuple en quête d'identité, d'un nouveau modèle de beauté.
Historiquement, il commence avec la colonisation et la fondation de la Côte d'Ivoire, à suite de la conférence de Berlin de 1885. Cet acte fondateur marque à la fois le début de la culture européenne en Côte d'Ivoire et l'origine de la création plastique contemporaine.
Les premières transformations sociales sont le fait des architectes qui vont modifier le visuel de l'habitat. Très vite, à côté des villages traditionnels et des mosquées du nord, poussent des cités urbaines dessinées par des urbanistes français. On s'adapte avec une technique et un matériau nouveau (béton, acier, verre) à des contraintes climatiques. La chaleur excessive des tropiques amène les architectes à concevoir un style de maisons qui se caractérise par une recherche d'ombre et de ventilation naturelle.
Soulignons que ce style de maisons a été emprunté aux colons espagnols d'Amérique du Sud, qui avaient des préoccupations similaires. La monumentalité, style d'architecture classique dans les régimes d'imposition est ici de mise. Il s'agit dans la conception de l'habitat de marquer déjà la différence entre le dominateur et le dominé. D'où le gigantisme de la résidence du colon, avec des surélévations de la terrasse.
En lieu et place des anciennes entités socio-politiques, on fait de grands ensembles administratifs nouveaux. Mais les bouleversements politiques, sociaux, religieux et moraux entraînés par cette domination n'ont jamais provoqué chez l'indigène une rupture d'avec ses sources traditionnelles. Tout comme la culture arabo-musulmane introduite quelques siècles auparavant n'avait pas provoqué de rupture.
On assiste dans un premier temps au choc de deux formes d'organisation sociale.
L'une favorise l'ingéniosité, la logique individuelle, où l'économie de marché est l'instrument de l'intégration. Elle est reflétée par un art des ateliers et du chevalet où l'artiste signe son œuvre.
L'autre est tout autre, soutenue par un art qui met en relation les disciplines de l'art plastique, sculpture, peinture, gravure et celles de l'art de l'espace, musique et danse. Ici l'artiste s'efface au profit de la communauté, qui signe l'œuvre, pourrait-on dire. Ainsi parlait-on de l'art wê, sénoufo, akan ou krou. Mais très vite, les Chrétiens au nom de la religion de Christ et les bien-pensants au nom de la raison entreprirent le dénigrement et le laminage de cette culture, pour laquelle seule l'avant-garde historique que constituent les Picasso, Derain, Matisse, Klee, les expressionnistes allemands, etc., aura quelques égards, s'en emparant pour créer l'art moderne au début du siècle dernier.
L'expression plastique de la ville nouvelle ivoirienne répond entièrement à celle d'outre-mer. On s'applique au style moderne international insufflé par les architectes français d'origine suisse Le Corbusier, allemande Walter Gropius (et le Bauhaus) et américaine d'origine allemande Mies Van Der Rohe. À savoir formes épurées, recherches plastiques conditionnées par les exigences conditionnelles, façades en retrait, combinaison d'unités d'habitations et de rues marchandes. Le quartier du Plateau est le centre de cette tendance nouvelle et l'hôtel de ville le centre (....)


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