Critique
plus d'infos en lien avec cet article
| redacteursTaina Tervonen personnesKangni Alem livreAfrique Tout-monde L'Afrique et la globalisation culturelle | livreCola Cola Jazz |
A lire aussi ...
L'écrivain africain aujourd'hui
Vodoun, un art de vivre ? L'influence du vodoun dans la vie culturelle en Afrique
Esclaves
Kangni Alem : "Il faut aller chercher dans les marges pour pouvoir exister"
La colonisation de l'Afrique par l'Allemagne : "mystère, viol et dépossession"
Littérature et traite négrière
à propos d'Atterrisage
Actualité politique de Mouloud Feraoun
Images of Congo : Anne Eisner's Art and Ethnography, 1946-1958
Lectures d'Afrique…
Le royaume du python
Dernières parutions
La bibliothèque idéale
Écrire le métissage
L'odyssée des métis afro-brésiliens dans le golfe du Bénin
Comment faire passer un roman pour une "suite" d'un autre ?
Le vol de la Tempête
L'idéal dans une bibliothèque ?
From Africa : anthologie de la nouvelle francophone
Le roman français aujourd'hui. Transformations, perceptions, mythologies
Vent fou me frappe
Le tambour d'Orunmila
Conscience politique, rêveries poétiques : autour de la notion d'engagement
Le roman français est-il encore lisible ?
Le Brésil n'est pas un paradis !
Aux origines du théâtre ghanéen
Dapo Adeniyi et la revue "Position"
Le Bruit de l'Héritage
Le Collier de Paille
Le Crépuscule de l'Homme
La Rose des Vents
L'âme blessée d'un éléphant noir
Hermina
La Ronde des hyènes
Hermina
Le roman, un exercice fascinant
Des dramaturges qui se pensent au monde
Pour la réhabilitation de Yambo Ouologuem
Sokey Edorh : latérite sur désert tentaculaire
Le 3ème Congrès des Écrivains d'Afrique et de ses diasporas aura lieu au Tchad sous les étoiles
La Récupération
La Maison des Auteurs : 10 ans, 69 auteurs en résidence
Cola Cola Jazz de Kangni AlemTaina Tervonen
Héloïse et Parisette, la Française et la Ti-Bravienne, deux demi-sœurs qui incarnent en même temps le double et le contraire, l'une blanche, l'autre noire, à l'image des moitiés de noix de cola auxquelles renvoie le titre. Le double sert de figure maîtresse à l'intégralité du roman, que ce soit pour la narration ou pour le personnage du père, d'une duplicité à étonner ses filles, elles-mêmes oscillant entre haine et amour pour la demi-sœur nouvellement découverte. Le tout couronné par une suspicion constante : L'autre ne va-t-elle pas prendre ma place ? Sommes-nous vraiment sœurs ?
Les deux jeunes femmes sont en effet à la recherche de l'acte de reconnaissance qui fonde la paternité et qui repousse à l'arrière plan le terrible doute qui plane toujours sur l'identité du vrai père de l'enfant. Seules les mères sauraient le dissiper, mais ici, elles sont absentes ou racontent des histoires farfelues d'immaculée conception. Et le père se dérobe, se fait attendre et doute lui aussi.
Le doute et le soupçon s'étendent à la narration même du roman, construite sur les deux voix d'Héloïse et de Parisette et encadrée par les interventions d'un " narrateur sans qualités ". Ce dernier, pourtant supposé apporter un éclairage objectif et apposer un cachet de véracité sur l'histoire, finit par laisser planer le doute sur les différentes versions des faits. Un jeu qui ne fait que souligner la nature fantasmée de la fiction, renvoyant ironiquement à la quête des deux sœurs qui vont jusqu'à chercher la vérité dans… un manuscrit inachevé du père. Histoire de souligner la part de fantasme dans toute vérité ? Ou serait-ce la part de vérité dans tout fantasme ?
Taina Tervonen
Ed. Dapper, 2002, 208 p., 13 €.
Ed. Dapper, 2002, 208 p., 13 €.

















