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01|05|2003analyse > littérature / édition
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Yambo Ouologuem et la littérature mondiale : plagiat, réécriture, collage, dérision et manifeste littéraire Boniface Mongo-Mboussa

La récente réédition du Devoir de violence, roman-manifeste essentiel, resté jusque là scandaleusement inaccessible et dénié, est l'occasion d'une réflexion sur les malentendus et les a priori dans l'appréhension des œuvres africaines. En accusant Ouologuem de plagiat, on a négligé l'intertextualité dont son texte faisait preuve alors même que la littérature moderne en développait la tendance. À l'époque du tiers-mondisme et dans une Afrique s'affirmant victime de l'Histoire et de l'Occident, son propos iconoclaste sur la continuité de la violence depuis l'époque pré-coloniale était mondialiste avant l'heure. Considéré à la lumière du grotesque, le livre ouvre, face à l'enfermement dans une pensée unique, à l'invention de nouveaux espaces de liberté.



Le retour de Yambo Ouologuemune réhabilitation amère

En rééditant le Devoir de violence de Yambo Ouologuem, les éditions Serpent à plumes donnent à ce roman une seconde vie (1). La préface de Christopher Wise souligne bien la place qu'occupe ce roman dans l'histoire littéraire africaine, en mettant en exergue les éléments biographiques de l'auteur et en situant le livre dans le contexte historique du Mali pré-colonial. Elle met aussi l'accent sur l'attitude plus qu'ambiguë des éditions du Seuil à l'égard de l'auteur, non sans insister sur l'aveuglement des écrivains (et non des moindres, comme Wole Soyinka) sur ce livre. Mais à lire Christopher Wise, une gêne s'installe car il passe sous silence l'intérêt qu'a marqué la critique universitaire française pour Le Devoir de violence. S'il est vrai que la presse journalistique et les éditions du Seuil se sont montrées désinvoltes à l'égard de Yambo Ouologuem, la critique française, elle, n'a jamais cessé de réclamer sa réhabilitation. Dans un article paru en 1987 (2), Bernard Mouralis demandait la réédition du roman. L'universitaire Christiane Achour (3) a consacré une partie de sa thèse à Yambo Ouologuem. Il convient donc de rendre hommage à cette critique française.
La parution en 1968 du Devoir de violence introduit une rupture dans la littérature négro-africaine d'expression française. Rupture sur le plan thématique, parce que le livre met en scène une Afrique pré-coloniale traversée par les violences et déconstruit ainsi l'image édénique de l'Afrique inventée par les ethnologues et les écrivains de la Négritude : à une image de l'Afrique innocente, Ouologuem oppose une Afrique violente, viciée par le cynisme des rois esclavagistes depuis le premier contact avec les négriers arabes. Rupture également sur le plan du risible, Le Devoir de violence inaugurant l'esthétique du grotesque dans la littérature négro-africaine d'expression française.
Salué à sa parution par le prix Renaudot, le livre fera plus tard l'objet d'un débat nourri dans l'histoire littéraire africaine. En effet, quatre ans après sa publication, Eric Sellin signalait la présence dans Le devoir de violence de plusieurs passages empruntés au roman d'André Schwarz-Bart, Le dernier des Justes. Un an après, un article anonyme paru dans le Times Literary Supplement révélait que Ouologuem aurait également repris certaines pages de It's a Battlefield de Graham Greene (4). Ce procès, qui a brisé l'un des plus grands romanciers africains, n'a curieusement pas suscité de vrai débat critique sur l'originalité du livre. Il faut attendre la parution d'un article d'Aliko Songolo dans Présence Africaine (5) pour que s'engage une discussion littéraire sur ce plagiat. Pour Songolo, la critique s'est contentée de montrer combien Yambo Ouologuem doit la structure ainsi que certains passages de son roman au Dernier des Justes d'André Schwarz-Bart et à It's a Battlefield de Graham Greene, mais elle a passé sous silence avec beaucoup de complaisance une foule d'autres " emprunts " littéraires et non littéraires qui s'entrelacent sur le canevas du Devoir de violence : des traces du Coran et de la Bible, des bribes de récits oraux des griots, des travaux (....)


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