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30|11|2016entretien > musique
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Le temps de l'Entertainment Entretien de Soeuf Elbadawi avec Daniel Brown

La censure à l'heure du web, des intégristes et des frontières fermées ou comment retrouver le goût du subversif dans un monde miné par le divertissement. Entretien avec Daniel Brown, journaliste et vice-président de Freemuse, une ONG née au Danemark en 1998 - l'année où Matoub Lounès a été assassiné en Algérie. En Afrique, Freemuse est notamment connue pour avoir défendu Lapiro de Mbanga. Décédé, l'artiste avait été condamné à trois ans d'emprisonnement en 2008 pour une chanson, "Constitution constipée", réclamant la limitation du mandat présidentiel au Cameroun.

Africultures. Est-il encore possible de censurer la musique dans un monde où le web vous transfert un son à une vitesse que même les potentats locaux
ont du mal à s'imaginer ?

Daniel Brown. On peut répondre à cette question à deux niveaux. D'abord, en définissant ce qu'est la "censure", ensuite, en la replaçant dans le contexte du net. La censure, telle que nous l'abordons à Freemuse, est une attaque contre la liberté d'expression et relève de la Déclaration des droits de l'homme aux Nations-Unies (article 19). Pour les musiciens et l'industrie qui les entoure, cela implique la liberté de jouer dans des lieux aussi bien publics que privés. L'attaque contre le Bataclan en France est donc une atteinte à cette liberté. Il est aussi question de la liberté de circulation des artistes, de l'obtention des visas pour se produire dans des pays tiers. De la liberté de voir sa musique diffusée par les médias et de la liberté de produire de la musique sous toutes les formes de reproduction musicale possibles. Participer à la vie culturelle implique, pour chacun, la possibilité d'écouter de la musique jouée par d'autres, le droit, pour un artiste, à la protection des intérêts perçus lors d'une diffusion de sa musique, la liberté, pour les minorités sociales ou ethniques, de jouer une musique qui appartient à leur propre culture. Les priver de ces libertés, en les embastillant, ou en les attaquant physiquement, constitue des formes de censure que nous dénonçons. Il est une autre forme de censure, c'est la privation de diffusion. Et, en effet, l'explosion du web rend plus compliqué le désir étatique de museler, voire de faire disparaître une chanson interdite de diffusion par les voies dites traditionnelles (radio et télévision). Cependant, quelques pays ont réussi à le faire.
En Chine, des sites web, défiant les interdictions, sont fermés ou condamnés à payer des amendes, par exemple. Le ministère de la Culture y interdit toutes chansons troublant la stabilité sociale ou violant les coutumes et les habitudes nationales. Dans notre rapport annuel (1), on note que c'est le pays qui censure le plus : plus de 30 % de l'ensemble de cas recensés par nous. En Afrique, c'est plus compliqué de censurer le web. Les musiciens contournent zambien Pilato pour dénoncer les abus de pouvoir du président récemment réélu, Edgar Lungu. Pilato est le sigle pour People in Lyrical Arena Taking Over. Sa chanson, "Alungu Anbwela", lui a valu la prison. Il a été menacé et attaqué pour avoir accusé Lungu d'être un ivrogne. Mais sa popularité explose grâce à la mise en ligne de ses chansons et de ses éditos sur une page facebook (2), où chaque papier lui vaut plus de mille likes, dans un pays, où les autorités viennent de fermer plusieurs médias indépendants.

Quels sont les territoires les plus touchés par la censure en Afrique ?
Nous trouvons le Nigéria, l'Égypte, le Maroc et le Burundi, en tête de la classification 2015, sur la censure et d'autres formes (....)


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