L’Afrique, Mugabé et la kôrôcratie

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Du Sahel à la Côte, dans la constellation des nombreuses langues qui peuplent ces terres d’Afrique, souvent le même mot désigne « vieux » et « sage ». Historiquement, cela s’explique. La mortalité infantile élevée, la sous-alimentation, l’aréopage de nombreuses et improbables maladies infectieuses, les médecines sommaires, les guerres, les « invasions barbares » (1), les cataclysmes naturels etc ont longtemps contribué à écourter les espérances de vie des Africains aux alentours de deux décennies. Alors passer les 40 ans seulement, faisait de vous le dépositaire d’une loooonngue expérience de vie dont la communauté pouvait profiter. C’est donc tout naturellement que le système politique et social adopté est la… « kôrôcratie ». En bambara, « vieux », « ancien », donc « sage » se dit « kôrô ». Les grandes décisions qui ont orienté la vie de millions d’Africains pendant des millénaires ont été prises dans des assemblées de sages donc de vieux ou de vieux donc de sages. Sous les oripeaux de la démocratie, la kôrocratie est toujours de mise en Afrique. L’âge moyen y est de 20 ans (2), l’âge moyen des présidents de 64 ans… Un continent de gamins, dirigés par des vieillards. Les sages donc les vieux de l’Union Africaine se sont eux-mêmes appliqués la kôrôcratie en mettant à leur tête le plus vieux donc le plus sage d’entre eux : Robert Gabriel Mugabe, 92 ans, 7 mandats présidentiels et 28 ans de pouvoir, président du Zimbabwe. Là-bas, ils sont anglophones et l’expression « long live the president ! » (3) prend toute sa signification.

(1) Colonisation.
(2) Chiffre Fnuap certifié.
(3) Vive le président.
///Article N° : 12814

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