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Afrique sur Seine

28|12|2010analyse > cinéma/tv
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France, je t'aime ; France, je te hais : les cinémas d'Afrique dans le trouble de la coopération Olivier Barlet

Les Indépendances modifient radicalement la relation entre le colon et le colonisé. Alors que la France a besoin de son ancien Empire pour préserver sa place dans le monde, les Africains dépassent les interdits. Cela n'ira pas sans débats et procès.



Le choix du métissage

En dehors du cinéma colonial, les cinémas d'Afrique commencent à l'époque des Indépendances. Le décret Laval de 1934 n'autorisait pas à filmer en Afrique sans montrer patte blanche. Même réalisés par des Européens, les films anticoloniaux furent interdits : Afrique 50 de Robert Vautier (France, 1950) pour sa dénonciation des exactions coloniales, et cet admirable jeu de lumières en noir et blanc qu'est Les Statues meurent aussi de Chris Marker et Alain Resnais (France, 1955) dont le crime était de montrer comment le négoce colonial tuait l'art nègre. Alors que des pionniers s'étaient emparés dès les années 20 du cinéma en Tunisie et en Egypte, (2) on fait remonter communément le début des cinémas d'Afrique noire à Afrique sur Seine en 1955, un film tourné à Paris. Pourtant, d'autres films l'avaient précédé. A Madagascar, Raberono avait filmé la cérémonie commémorative du centenaire de la mort de Rasalama Rafaravavy, premier martyr malgache, en 1937. (3) Au Congo belge, dans le cadre du "Ciné-club congolais" créé en 1950, Albert Mongita avait tourné La Leçon de cinéma en 1951 sur la pelouse du golf de Léopoldville, et Emmanuel Lubalu Les Pneus gonflés en 1953, avec l'acteur Bumba. (4) Et en Guinée, Mamadou Touré avait tourné en 16 mm Mouramani en 1953, un court métrage de 23' d'après un conte sur cet ancien roi de Guinée. Il est ainsi frappant de voir qu'on retrouve au cinéma la même légende qu'en littérature puisqu'au lieu d'aller chercher plus loin, on fait démarrer la littérature "négro-africaine" en 1921 avec Batouala du Martiniquais René Maran. Mais ce mythe ne tient-il pas au fait que cet ouvrage avait obtenu le prix Goncourt ?
Pourquoi donc ne parler que d'Afrique sur Seine ? Le scénario de ce court métrage de 21 minutes tourné en 16 mm et réalisé par les Sénégalais Mamadou Sarr et Paulin Soumanou Vieyra (né à Porto-Novo de mère dahoméenne et de père brésilien) était le produit des discussions du "Groupe africain de cinéma" créé en 1952. (5) Ses scènes situées en Afrique sont issues de sources ethnographiques. Il apparaît, comme le précise son générique, "sous le patronnage (6) du comité du film ethnographique du musée de l'homme". Débutant sur des images rurales d'Afrique et des enfants se baignant dans un fleuve, le commentaire du film démarre par : "A la face du soleil et des aïeux, nous criions alors notre indépendance, jaloux, insoucieux, ignorant le monde qui nous entourait". Mais il montre non sans amertume "quelques aspects de la vie des Africains à Paris", annonçant d'autres films tournés dans les années suivantes sur le vécu d'immigré, notamment Concerto pour un exil et A nous deux, France de Désiré Ecaré (Côte d'Ivoire, 1968 et 1970), ou Paris, c'est joli d'Inoussa Ousseini (Niger, 1974) qui met lui aussi en scène un clochard.
"Paris des jours sans pain, Paris des jours sans espoir" : le commentaire de Mamadou Sarr et Paulin Vieyra fait coexister dans Afrique sur Seine la dureté de l'immigration (le clochard, le balayeur) avec un édifiant écho à la propagande coloniale, inaugurant (....)


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