Publicité

plus d'infos en lien avec cet article

A lire aussi ...

Cannes 2012 : face à l'insoutenable légèreté du monde

Fespaco 2011: a festival under threat

"This is the last Fespaco I'll be coming to"

Fespaco 2011: Un festival a rischio

Fespaco 2011 : un festival menacé

Writing on Walls

"C'est le dernier Fespaco auquel j'assiste"

L'inauguration du Normandie à Ndjaména : quand l'international pousse le local

Carthage 2010 : mon journal de bord

Que sont devenues les salles de cinéma au Tchad ?

Mahamat-Saleh Haroun face à la presse tchadienne : "Rien de grand ne s'obtient sans passion"

Cannes 2010 : face à la cupidité

"The more Africa gets forgotten, the more we need to bring it to the attention of the world"

"Plus l'Afrique est oubliée, plus il faut la ramener au souvenir du monde"

A Screaming Man

Un homme qui crie

Sexe, gombo et beurre salé

Mahamat-Saleh Haroun : "Dans l'exil, on emporte son histoire avec soi"

"We've already won this war because what we do is inscribed in eternity"

Daratt (Saison sèche) / Daratt (Dry season)

For a thought-out cinema

"Cette guerre, on l'a déjà gagnée car ce que nous faisons s'inscrit dans l'éternité"

Daratt (Saison sèche)

De l'indicible au romantique : les masques de l'amour au cinéma

Du cinéma métis au cinéma nomade : défense du cinéma

Le cinéma africain, ce cinéma nomade

Pour un cinéma pensé

Apt 2004 : festival, mode d'emploi.

Fespaco 97 : les courts valent le détour

Cannes 2002 : vers un cinéma africain contemporain

Cannes 2002 au jour le jour

Abouna, éloge du respect

Abouna

Une relation d'amour avec le spectateur

Les nouvelles stratégies des cinéastes africains

Femmes et hommes dans les cinémas d'Afrique noire

Bye bye Africa

Le corps profond des cinémas d'Afrique

Namur 2001 : festival complet

01|09|2005critique > cinéma/tv
imprimer | retour

Kalala de Mahamat Saleh HarounOlivier Barlet

Les nuages passeront dans le ciel. Et nous ne cesserons de les regarder. C'est par cette simple référence au temps que Kalala débute, du surnom d'un ami d'Haroun, emporté par le sida. Le cinéaste perd son meilleur ami, son assistant sur les tournages, un passionné apprécié de tous. Le sida, au Tchad, on ne le cite pas. On parle plutôt d'hémorroïdes ! Il est trop lié au sexe pour être abordé de front. Résultat : il progresse sournoisement et continue de tuer.

C'est de cette double dynamique que se nourrit le film : un hommage en forme de deuil et une révélation par le cinéma. C'est le cinéma qui permet à Kalala de s'épanouir et c'est son entrain qui mobilise ceux qui l'entourent. Et c'est le film qui en regardant sa mort en face pourra impliquer sa société. Le parallèle avec Bye bye Africa est frappant, qui démarrait lui aussi dans la mort, celle de la mère du cinéaste qui le ramenait au pays où il tentait de réaliser un film et était confronté à l'état du cinéma, et des spectateurs qui ne font pas la différence entre une actrice interprétant une sidéenne et la réalité.

Le rythme est celui des nuages qui passent, celui d'un journal intime écrit à l'aide de la famille de Kalala et de ceux qui l'ont connu, un journal-thérapie pour panser la blessure de l'absence. Il ne pouvait être que dans la durée et le respect des personnes, comme si le cinéaste n'osait ni les couper ni bouger sa caméra, pour leur ménager le temps du souvenir. Le temps de la parole s'allonge dans ce fleuve du souvenir mais celui de la mémoire est saccadé, par flashs d'images d'archives. Car Kalala, du nom du footballeur congolais, était la cheville ouvrière des films tchadiens : les photos ne manquent pas.

Une fenêtre dans un mur bleu : certains plans ont une telle beauté d'épure qu'ils cristallisent le propos. D'autant que Kalala se révèle peu à peu dans sa taille humaine, taisant sa maladie, offrant bonbons et yaourts aux enfants. Le frère le remplace dans ce rôle tandis qu'Haroun se demande comment vivre sans son ami. C'est dans ces échos révélateurs que le documentaire met la vie en scène, et que le mort laisse en nous une telle trace.

Olivier Barlet





ajoutez un avisvotre avis

Où ? Publié par Jacqueline Gascuel le 06|01|2006