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| redacteursOlivier Barlet personnesManthia Diawara traducteursMelissa Thackway | filmBamako Sigi-Kan (Le Pacte de Bamako) |
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13|01|2003critique > cinéma/tv
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Bamako Sigi-kan (Le Pacte de Bamako) de Manthia DiawaraOlivier Barlet
Diawara se met à leur écoute et nous propose de l'accompagner à leur rencontre. Mais le documentaire n'est pas seulement témoignage : il se fait réflexion esthétique. "Bamako Sigi-kan" a le rythme saccadé de l'incertitude, un regard sur une réalité fuyante. La camera d'Arthur Jaffa virevolte d'ombres en lumières, de silhouettes en couleurs : Bamako se saisit dans un souffle, une série d'instantanés, loin de toute évidence. L'image touristique n'aurait aucun sens. On n'y retrouvera ni les éternels travellings en voiture sur les rues et les gens ni la recherche anecdotique du détail étonnant. Ce qui intéresse Diawara est ailleurs, dans la compréhension du lien qui unit les gens qu'il rencontre, de l'esthétique des artistes qui confortent ce lien et témoignent par leur sensibilité de la réalité du pacte.
Le pacte de Bamako n'est pas un contrat mais une quête, une pensée en devenir : Diawara le saisit à l'instant t, mais ancré dans la tradition et le souvenir, celle et celui qu'il partage avec ces gens qu'il vient trouver de loin, lui le professeur d'université, l'intellectuel new-yorkais, mais qu'il respecte infiniment. "Bamako Sigi-kan" est ainsi un regard intime en même temps qu'un appel à une sortie de l'évidence pour se laisser bousculer par les rencontres et les œuvres des artistes. Il révèle une Afrique en devenir, marquée par le doute et l'interrogation sur elle-même mais forte d'un pacte ancien qu'il lui s'agit de rendre le plus actuel possible.
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Bamako Sigi-kan (Le Pacte de Bamako) de Manthia DiawaraOlivier Barlet
"Le Pacte de Bamakof" suggère une idée simple qu'il est pourtant essentiel de rappeler sans cesse : les gens du peuple ne sont pas dupes, leur conscience est aiguë, leur réflexion sur le monde permanente. Manthia Diawara les rencontre dans les rues de son enfance et leur connivence ouvre à ce constat : un pays se cherche, qui pense la démocratie et la citoyenneté. Les artistes le savent et le reflètent. Si pacte il y a, c'est entre ces gens de la rue et les artistes, c'est leur volonté commune de faire de cette ville un espace de qualité, de s'inscrire en somme dans la tradition du nom : "bama" signifie crocodile en bambara et "ko" une mare. Le mythe de la création de Bamako est celui d'un pacte entre les esprits et les hommes pour construire un lieu de paix et de prospérité.
Diawara se met à leur écoute et nous propose de l'accompagner à leur rencontre. Mais le documentaire n'est pas seulement témoignage : il se fait réflexion esthétique. "Bamako Sigi-kan" a le rythme saccadé de l'incertitude, un regard sur une réalité fuyante. La camera d'Arthur Jaffa virevolte d'ombres en lumières, de silhouettes en couleurs : Bamako se saisit dans un souffle, une série d'instantanés, loin de toute évidence. L'image touristique n'aurait aucun sens. On n'y retrouvera ni les éternels travellings en voiture sur les rues et les gens ni la recherche anecdotique du détail étonnant. Ce qui intéresse Diawara est ailleurs, dans la compréhension du lien qui unit les gens qu'il rencontre, de l'esthétique des artistes qui confortent ce lien et témoignent par leur sensibilité de la réalité du pacte.
Le pacte de Bamako n'est pas un contrat mais une quête, une pensée en devenir : Diawara le saisit à l'instant t, mais ancré dans la tradition et le souvenir, celle et celui qu'il partage avec ces gens qu'il vient trouver de loin, lui le professeur d'université, l'intellectuel new-yorkais, mais qu'il respecte infiniment. "Bamako Sigi-kan" est ainsi un regard intime en même temps qu'un appel à une sortie de l'évidence pour se laisser bousculer par les rencontres et les œuvres des artistes. Il révèle une Afrique en devenir, marquée par le doute et l'interrogation sur elle-même mais forte d'un pacte ancien qu'il lui s'agit de rendre le plus actuel possible.
Olivier Barlet
Mali/France/USA, 2002, Dv numérique, 80 min, coul., caméra : Arthur Jaffa. Prod. K'A Yéléma Productions (01 53 62 05 90, ka-yelema@voilà.fr).
Mali/France/USA, 2002, Dv numérique, 80 min, coul., caméra : Arthur Jaffa. Prod. K'A Yéléma Productions (01 53 62 05 90, ka-yelema@voilà.fr).






















