Les problèmes du cinéma au Cameroun
Mon cherChristian, je suis très content qu'il y ait des entêtés comme toi pour continuer de croire que l'on peut faire partager sa passion du cinéma à d'autres. Je suis certainement de ceux-là. Je suis critique de cinéma et le diagnostic que tu pose est très juste, même si je le trouve assez léger, car, n'intégrant pas des facteurs qui ne se réduisent pas seulement à ceux que tu as évoqués.
Franchement, la question de la piraterie est la dernière préoccupation des pouvoirs publics au Cameroun, car, s'il y avait une réelle volonté d'éradiquer ce phénomène, ce serait chose faite il y a belle lurette. La contrefaçon que tu évoques touche davantage les films populaires américains, pas seulement les films camerounais ou même africains, dont copie n'est jamais diponible, sauf cas exceptionnel.
Il faut aussi entrevoir dans cette désertion des salles, l'inconfort qu'il y a à l'intérieur, rats, moustiques, absence de toilettes ou tout au moins leur insalubrité. Je t'invite à investiguer sur l'affluence qu'il y a eue lors des sorties nationales de Confidences de Cyrille Masso, La déchirure d'Alphonse Béni. Si on avait pu organiser une réelle programmation de ces oeuvres, tu aurait été très relatif sur tes certitudes, car les exploitants de salles ont très peu de flair, pour identifier le film local qui pourrait faire salle comble chez nous. Au lieu d'exiger de se faire payer la location de la salle à l'avance par les réalisateurs, ils gagneraient à prorammer les films africains qui sont disponibles, comme ils le font pour les autres films américains et autres, et peut-être verrons-nous les publics rejoindre à nouveau les salles au demeurant rares qui sont encore ouvertes.
C'est un débat que je te convie à continuer au sein de notre association camerounaise de critique de cinéma. Nous tenons nos réunions à l'estaminet du Ccf de Yaoundé, tous les deuxièmes mercredi du mois dès 18 heurs.
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