EXPOSITIONS

1989 : Essaouira - Galerie d'Art Frédéric Damgaard
1989 : Tamanar - Complexe Culturel
1989 : Essaouira - Galerie d'Art Frédéric Damgaard
1989 : Marrakech - Galerie Nationale Bab Doukkala
1990 : Agadir - Hotel Europa Safir
1991 : Casablanca - Complexe Culturel d'Anfa
1992 : Essaouira - Galerie d'Art Frédéric Damgaard
1994 : Casablanca - Centre Culturel Sidi Belyout
1995 : Essaouira - Galerie d'Art Frédéric Damgaard
1995 : Rabat - Galerie Nationale Bab el Kébir.

L'infiniment petit
Brahim Mountir
Né en 1952 à Tidzi, Brahim Mountir est d'origine berbère. Aujourd'hui notable de sa commune rurale, il vit toujours dans sa région de naissance au milieu de la tribu des Haha.

"L'Arganier sacré" encre sur velin
47 x 40 cm

Au printemps il parcourt les champs à la recherche de fleurs qu'il cueille pour faire l'encre de ses oeuvres, qu'il prépare lui même en macérant ces plantes avant de filtrer leur jus. Certaines pierres et minéraux comme l'oxyde de cuivre Iui servent à fabriquer une encre verte spéciale : c'est une véritable alchimie. Au lycée d'Essaouira, il reçoit quelques rudiments de peinture. Plus tard, il invente son pointillisme singulier : un don qu'il a su cultiver par le biais d'un effort continu. Il crée de merveilleux paysages composés de milliers de petits points qu'il pose sur le papier avec infiniment de patience. Parfois, il met plus de trois mois pour terminer une seule oeuvre. Pour Mountir, tout est constitué d'atomes, microbes, cellules, et autres éléments minuscules. Et c'est dans cet esprit qu'il crée ses oeuvres se situant entre le réel et l'irréel. Et sans esquisse préparatoire, il continue avec acharnement d'appliquer, à la plume, ces minuscules petits points invisibles à l'oeil nu qui finalement forment un paysage, un oiseau merveilleux, des planètes entourées de nuages ou autres thèmes oniriques.
Cette peinture extrêmement délicate, ces camaïeux doux font parfois penser aux estampes japonaises.... Le trait et le point sont tellement fins et la ressemblance apparente qu'on peut se demander s'il s'agit d'un pur produit de l'imagination ou bien d'une gravure extrême-orientale. Pur hasard, bien sûr, car notre artiste n'a jamais voyagé, ni connu de collections d'estampes. Brahim Mountir est né au pied du Jbel Merdma, une forêt dense d'arganiers, aux arbres millénaires qu'il peint souvent dénudés de leurs feuilles et fruits. Cet arbre prête ses formes noueuses et splendides à l'artiste rêveur. En été, il dort souvent à la belle étoile sur la terrasse de sa maison isolée au fin fond de la forêt, d'où il peut contempler, à sa guise, nuages, étoiles et autres corps célestes. Dans cette région privilégiée par la nature, le ciel qui s'étend à perte de vue, domine la clarté et la beauté du site. Ainsi, à la suite d'observations permanentes et de méditations profondes, Mountir nous livre quelques tableaux d'inspiration mystique, des oeuvres symboliques d'une haute spiritualité.