110 x 100 cm

EXPOSITIONS

1990 : Essaouira - Galerie d'Art Frédéric Damgaard
1991 : Marrakech - Galerie Nationale Bab Doukkala
1991 : Essaouira - Galerie d'Art Frédéric Damgaard
1992 : Allemagne - Chateau Babstadt, Galerie Steiner
1992 : Essaouira - Galerie d'Art Frédéric Damgaard
1993 : Danemark - Copenhague, Galerie Kobolt
1993 : France - Nice, Musée International d'Art Naif
1993 : Marrakech - Centre Culturel Français
1993 : Danemark - Copenhague, Images of Africa
1993 : Essaouira - Galerie d'Art Frédéric Damgaard
1993 : Allemagne - Wuppertal, Musée de Wuppertal
1994 : Allemagne - Landau, Villa Streccius
1994 : Tanger - Centre Culturel Français
1994 : Essaouira - Galerie d'Art Frédéric Damgaard
1994 : Suisse - Morges, Concours International Pro Arte Kasper
1995 : Essaouira - Galerie d'Art Frédéric Damgaard
1995 : Rabat - Galerie d'Art Frédéric Damgaard
1995 : Casablanca - Galerie Bassamat
1996 : Skhirat - L'Amphitrite
1996 : Essaouira - Galerie d'Art Frédéric Damgaard
1996 : Casablanca - Centre Culturel Sidi Belyout
1996 : Suisse - Zürich, Musée de l'Art et de la Culture d'Amérique
1997 : Asilah - Galerie Aplanos
1998 : Portugal - Lisbonne, Exposition Universelle, pavillon du Maroc.

L'animisme et le fétichisme
Ali Maimoune

qui habite au milieu de la forêt de thuya environnant Essaouira est né en 1956. Il a tout d'abord été maçon, et puisque la tradition dans cette région veut que l'on travaille le grès tendre pour décorer les portes et les arcades traditionnelles, on ne s'étonnera pas qu'il ait commencé par réaliser de petites sculptures de pierre représentant divers animaux ou personnages.

C'est de manière beaucoup plus élaborée qu'il a ensuite travaillé les racines de thuya. Affirmant une inspiration dont l'origine africaine évidente se traduit à travers une imagerie où se côtoient masques humains et bêtes grimaçantes. Sans rupture de style, il passe de la sculpture à la peinture et commence par s'inspirer de la végétation extrêmement dense de sa campagne. Ces forêts d'arganiers, de thuyas, de cactus Maimoune les imagine peuplées d'animaux farouches, de loups de chiens errants, de créatures zoomorphes dont les yeux fixent le visiteur et l'effrayent; des guerriers fantastiques s'y affrontent aussi.
Les serpents, les scorpions qui grouillent sur sa toile débordent celle-ci pour se répandre en motifs décoratifs sur les cadres que Maimoune peint eux aussi, c'est en quelque sorte l'animisme et le fétichisme sans limites.
Pourtant cet homme calme et pondéré n'a pas pour but de choquer ou d'effrayer le spectateur. En réalité, il ignore celui-ci, "je peins les choses de la nature, sans savoir pourquoi ni d'où ça vient" dit-il. Mais son subconscient, habité de souvenirs, de la magie africaine, des rites et des cérémonies tribales s'exprime, sans contrainte, à travers ses créations pleines de force.
Maimoune possède une palette très personnelle faite aussi bien d'oppositions de couleurs complémentaires que de juxtapositions de tons voisins. Plusieurs rouges, plusieurs verts de sa composition, qu'il met côte à côte et qui devraient jurer entre eux mais s'accordent magistralement.
Il a aussi inventé sa technique personnelle en mélangeant la poudre de bois à de la colle et des pigments colorés. Ce qui lui permet de réaliser sur ses panneaux des reliefs de diverses épaisseurs et qui font alterner des surfaces lisses avec des parties rugueuses. Cet artiste autodidacte crée des oeuvres très proches de l'art primitif. Mais c'est un créateur qui possède une force suggestive si originale qu'on ne saurait rattacher à aucune école ni à aucun mouvement pictural. Chez Ali Maimoune s'exprime la force de l'Art inventif où l'irréel côtoie l'imaginaire.