"Cérémonie des Aïssaoua"
Huile et collages sur panneau - 96 x 129 cm.

EXPOSITIONS

1996 : Essaouira Galerie d'Art Frédéric Dmagaard
1996 :  Agadir Galerie d'Art Artomania

1996 : Meknès Centre Culturel Français
1997 : Belgique Anvers, Musée Royal des Beaux Arts
1998 : Essaouira Galerie d'Art Frédéric Damgaard.

Transfiguration du réel par l'imaginaire

Abdellah Elatrach

est né en 1972 dans la région rurale d'Essaouira. Très tôt il quitte l'école et exerce divers métiers, cordonnier, sculpteur, marqueteur et fabricant de gâteaux de Ramadan.

Quand il a bénéficié du don de la peinture, il s'est retiré dans une maison isolée dans les champs) endroit à la fois habitacle, refuge et lieu d'expérimentation. C'est là, au clair de lune, qu'il se plaît à observer les galaxies et les étoiles filantes. Elatrach porte un intérêt particulier à sa culture populaire où il semble confortablement enraciné. Ses sujets favoris sont souvent liés aux confréries extatiques de la transe notamment celle des Aissaoua où les adeptes femmes et hommes, tombent en transe à la cadence des instruments rituels, tambours et hautbois. Les oeuvres qui figurent ce thème sont caractérisées par des personnages aux yeux exorbités, symbolisant leur état modifié de conscience. Sur ces mêmes oeuvres, il représente des êtres fantastiques et des animaux entremêlés où les serpents, scorpions, lézards, caméléons et autres motifs reliés à la magie et à la transe servent de compléments ornementaux.

Il s'inspire également de la confrérie des Regrega. Dans un tableau particulier on voit le moqqadem monté sur sa jument blanche entouré de ses serviteurs et des fidèles. Autour sont peintes les tentes des différentes tribus et tout en bas de l'oeuvre on peut voir la grande tente rouge faite avec des pousses de palmiers nains. C'est le point central où se réunissent toutes les tribus appartenant aux Regraga.
Sans avoir jamais voyagé hors du Pays, Elatrach aboutit à des ressemblances surprenantes avec le vaudou, culte sud-américain très présent à travers l'expression plastique notamment cubaine. En somme des universaux de la culture africaine qu'on retrouve dans tous les endroits où vit une diaspora noire.
Ses oeuvres renferment presque toujours un motif central qui donne naissance à des personnages dédoublés : corps entrelacés aux membres tordus comme s'ils étaient pris dans le tourbillon des turpitudes de la vie. Créations en spirales sorties tout droit d'une mémoire vierge et fertile.
Dans une démarche originale, l'artiste se livre à un habile détournement des objets et des choses pour exprimer une certaine irruption incontrôlée de la violence. Ce qui rappelle les oeuvres du dadaïsme et leur "hurlement de couleurs crispées, entrelacement des contraires et de toutes les contradictions des grotesques, des inconséquences et de la vie".