Siaket Mafoi, peintre, 40 ans
Né le 15/09/1960 à Tocki (Ouango, Centrafrique) sur les rives de l'Oubangui, de père forgeron et pêcheur et de mère potière et cultivatrice.

1995 :    Réalisation de son premier tableau : Portrait de Barthélemy BOGANDA
1997 :    mai : Exposition du CICIBA et achat de sa première toile par le Musée Barthélemy BOGANDA
             juin : Premier prix du Forum des Arts plastiques de Bangui.
             novembre-décembre : Exposition de groupe au Centre Wallonie-Bruxelles à Paris avec la collaboration de Afrique en Créations.
             Exposition personnelle à la Gallerie Maï Olivier "La Tête de l'Art" (rue Saint Merri) Paris.


"Siaket MAFOI s'inspire des motifs purement africains pour construire ses histoires. Passé maître dans l'art de la récupération, il explore mines et carrières à la recherche des matières premières qui lui serviront dans ses reccherches formelles. Il utilise une technique de sablage en associant les matiériaux récoltés avec soin : sable, verre, émeraudes, saturnes, quartz, poussière de diamant, kaolin, écorces d'arbres, graines, fleurs de palmier, écorces de café...
Les supports utilisés sont en bois, cartons, sacs ou nattes marouflées.
N'appartenant à aucune des tendances actuelles de la production artistique centrafricaine, ses oeuvres débordent d'originalité et de talent. La terre d'afrique est généreuse -en retour il en fait le sujet et l'objet principal de ses oeuvres. Dans ses grands formats toutes les variantes chromatiques issues de sa terre natale se constituent pour donner naissance à des scènes issues des contes et croyances ancestrales. Esprits de la nature et revenants côtoyent l'Africain contemporain dans ses activités quotidiennes et fournissent Siaket MAFOI jusque dans ses rêves." Son oeuvre magistrale, "La Mutinerie" n'a pas cherché à représenter de façon anecdotique les évènements sanglants de cette époque, mais plutôt la douleur profonde qui avait envahie les âmes. Toutes les femmes qui remplissent l'espace du tableau s'expriment par des signes culturels reconnaissables par tout Africain. Le pressentiment rêvé, le malheur, la désolation, la malédiction envahissent tout le tableau.
Le regard occidental voudra y voir un écho du "Guernica" de Picasso... "Mais il serait vain d'appliquer à l'art de Siaket ces références et habitudes de vision. Son univers est inaliénable. Le foisonnement de formes et de matières trouve sa raison d'être dans l'imaginaire de l'artiste et dans l'histoire de son pays."
("..." : texte de présentation à la Gallerie Maï Olivier, Paris novembre-décembre 1997)



La_Mutinerie, 1998


Les images de femmes, mieux que n'importe quelle représentation des combats, des armes et des uniformes, sont là pour exprimer toute la détresse et la douleur profonde de l'âme africaine face à ces évènements. Se dénuder, croiser les bras, poser les mains sur la nuque... sont autant d'attitudes de femmes pour exprimer l'apparition des tués, la lamentation, la désolation, la malédiction...L'oeuvre "La Mutinerie" représente "ces femmes qui se déshabillaient, restant toutes nues, qui criaient en tenant leurs poitrines mameleuses, qui se culbutaient pour exprimer la douleur frappant le plus profond de leur âme, les paroles de malédiction à la bouche..."
Les maisons où vivaient les hommes laissées à l'abandon, les chiens, les basses-cours dispersées montrent que le village s'est déshabillé aussi. Toute l'oeuvre exprime cette malédiction qui frappait le pays tout entier.