Abidjan, 35 degrés, près de la « Pyramide », sur le haut du Plateau. Le « château » n’est pas simple à trouver. Serait-ce cette structure de béton abandonnée, ancien hôpital dont on a du mal à croire que cette accumulation de niveaux ait un jour eu des murs ? L’endroit n’est pas sûr. Tous les visages de la misère se côtoient sous le béton. A l’étage, des palissades forment un espace d’exposition. Vision surréaliste dans ce bout du monde, une femme parle dans un micro à une cinquantaine de personnes attentives. C’est l’inauguration de l’exposition Portes et passages du retour, soutenue par l’AVAA : les oeuvres de Muhsana Ali, une artiste afro-américaine vivant à Abidjan depuis deux ans. Elle explique le pourquoi et le comment, mais parle peu d’elle-même et davantage de cette vingtaine de jeunes dépenaillés présents au fond de l’espace. Trois d’entre eux exposent leurs oeuvres, frappantes de maturité. On comprend que dans ce qu’on nomme ici « le château », il s’est passé quelque chose d’impressionnant, de profondément humain, où générosité et ouverture d’esprit ont permis l’impossible.

Olivier Barlet

L’exposition
Portes et passages du retour

Entretien avec
Muhsana Ali

Contactez l'artiste :
dpassages@hotmail.com

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